Le président américain Donald Trump mise sur une vaste campagne de redécoupage électoral menée par les États contrôlés par les républicains afin de consolider la majorité du parti à la Chambre des représentants lors des élections de mi-mandat de 2026, une stratégie qui, selon des analystes, pourrait garantir des décennies de domination républicaine sur l’institution.
Les républicains disposent actuellement d’une courte majorité de 219 sièges contre 212 pour les démocrates. Pour Trump, l’enjeu est d’éviter la traditionnelle perte de sièges dont souffrent les partis au pouvoir lors des scrutins intermédiaires – un revers qu’il avait connu en 2018, tout comme Joe Biden en 2022. Le point de départ de cette stratégie est le Texas, où il pousse à un redécoupage agressif des circonscriptions.
Face à cette offensive, les démocrates, emmenés par la Californie, menacent de riposter en redessinant leurs propres districts à leur avantage. Le gerrymandering, pratique historique aux États-Unis, prend désormais une ampleur accrue grâce aux outils modernes d’analyse des données, qui permettent d’optimiser les cartes électorales pour maximiser les gains partisans.
Mais les républicains partent avec un net avantage : ils contrôlent les législatures et gouvernorats de 23 États, contre seulement 15 pour les démocrates. De plus, les tendances démographiques jouent en leur faveur : selon des experts indépendants, jusqu’à 11 nouveaux sièges pourraient être créés dans les États du Sud et de l’Ouest, majoritairement acquis aux républicains, après le recensement de 2030.
Historiquement, les démocrates avaient profité d’un long règne à la Chambre, la contrôlant sans interruption de 1955 à 1995, avant que les réalignements politiques du Sud ne renforcent durablement le camp républicain. Les batailles actuelles autour du découpage pourraient inaugurer une nouvelle ère de gerrymandering intensif, où chaque camp cherche à verrouiller sa position par des cartes électorales sur mesure.