La publication des données de l’Insee arrêtées au 1er janvier 2023 a ravivé les tensions politiques à Lyon. Selon ces chiffres, la ville enregistre depuis 2017 un solde migratoire négatif de plus de 3 000 habitants par an en moyenne, un niveau inédit depuis plusieurs décennies. La population municipale reste toutefois globalement stable, portée par un excédent naturel, avec davantage de naissances que de décès, notamment dans plusieurs arrondissements populaires.
Cette évolution démographique est rapidement devenue un thème de confrontation à l’approche des prochaines échéances électorales. Jean-Michel Aulas, pressenti comme candidat à la mairie, y voit le symptôme d’une ville devenue moins attractive, évoquant des difficultés liées au logement, au cadre de vie et à la protection contre les effets climatiques. Dans le même registre, la candidate LR à la métropole, Véronique Sarselli, dénonce la politique menée par les majorités écologistes, accusées selon elle d’avoir favorisé un repli social.
Logement et coût de la vie au cœur des échanges
Du côté de l’exécutif lyonnais, l’entourage du maire Grégory Doucet met en avant le poids du coût de la vie et de l’immobilier comme principal facteur de départ. La majorité écologiste rappelle les mesures déjà engagées, telles que l’encadrement des loyers ou la régulation des locations touristiques, et évoque de nouvelles pistes pour le prochain mandat, dont la création d’un service public du logement. À la métropole, les élus écologistes soulignent par ailleurs que, malgré la baisse observée à Lyon, l’ensemble du territoire métropolitain continue de gagner des habitants, renvoyant ainsi le débat à une échelle plus large que celle de la seule commune.