Municipales La Reunion : les frères Virapoullé se disputent l'héritage à Saint-André
Municipales La Reunion : les frères Virapoullé se disputent l'héritage à Saint-André

Dans les rues de Saint-André, cinquième ville la plus peuplée de La Réunion, un nom revient comme un refrain, Virapoullé. Le père, Jean-Paul, 81 ans, s’est mis en retrait depuis 2020 mais laisse une empreinte rare, près de 42 années à la mairie (1972-2008 puis 2014-2020), un passage à l’Assemblée (1986-1997) et au Sénat (2001-2011).

Ce dimanche 15 mars, ce sont ses deux fils qui ont occupé l’affiche du premier tour, au coude-à-coude, presque au millimètre. Laurent Virapoullé, 51 ans, soutenu par le RN, arrive deuxième avec 21,71% des suffrages, juste devant son aîné Jean-Marie, 56 ans, centre droit, à 20,8%. Devant eux, le maire sortant Joé Bédier, divers gauche, tient la corde avec 30,02%. Le décor est posé, le lecteur le devine, ce second tour se jouera autant sur les reports de voix que sur la capacité de la droite locale à cesser de se regarder en chiens de faïence.

Une droite coupée en deux, un second tour à recomposer

L’entre-deux-tours s’annonce comme un marché serré où chaque mot pèse lourd. Laurent Virapoullé s’est dit favorable à une « alliance », promettant de discuter « sans exclusive et sans tabou » avec ceux qui veulent « du changement » à Saint-André, Jean-Marie Virapoullé évoque lui aussi « une phase de discussion » pour préparer le second tour.

L’équation est simple sur le papier, additionner leurs scores pourrait renverser Joé Bédier, encore faut-il transformer l’arithmétique en dynamique et faire oublier les vieilles crispations, celles qui avaient déjà coûté cher en 2020 lorsque Jean-Marie avait échoué au second tour sur fond de divisions à droite. Le médecin revendique un « renouveau » et se défend d’être « un héritier », quand son frère, chef d’entreprise, assure ne pas être « encarté RN » tout en portant des marqueurs plus tranchés, comme la suppression de l’octroi de mer, et rappelle qu’il s’est engagé pour ne pas « rester spectateur ». Entre continuité familiale et rupture politique, Saint-André s’apprête à arbitrer une succession qui ressemble moins à un passage de témoin qu’à une course de relais mal coordonnée, avec, au bout, la recomposition d’une droite réunionnaise qui joue gros.

Partager