Massoud Barzani tente de renforcer l’influence kurde face à Bagdad avant les élections irakiennes (AP)
Massoud Barzani tente de renforcer l’influence kurde face à Bagdad avant les élections irakiennes (AP)

Massoud Barzani, figure historique du nationalisme kurde et ancien président de la région autonome du Kurdistan irakien, s’apprête à jouer un rôle clé dans les élections nationales du 11 novembre, malgré son retrait officiel de la vie politique. À plus de 70 ans, le vétéran de la lutte kurde cherche à consolider le pouvoir de son parti, le Parti démocratique du Kurdistan (PDK), pour peser davantage dans les négociations tendues avec le gouvernement central de Bagdad.

Depuis des décennies, Barzani reste un symbole de résilience pour les Kurdes. Ancien guérillero ayant combattu le régime de Saddam Hussein, il a survécu à la répression, aux trahisons diplomatiques et aux divisions internes du mouvement kurde. Bien qu’il ait quitté la présidence en 2017 après l’échec du référendum sur l’indépendance, son influence demeure considérable : il est encore appelé « Président » par de nombreux partisans et interlocuteurs étrangers.

À l’approche du scrutin, le PDK appelle à une forte mobilisation dans le nord du pays, espérant renforcer l’autonomie régionale et défendre les droits budgétaires et pétroliers du Kurdistan. Un bon résultat électoral permettrait à Barzani d’obtenir davantage de concessions de la part de Bagdad, alors que les différends sur la gestion du pétrole et la répartition des revenus continuent d’empoisonner les relations entre les deux capitales.

Les tensions remontent à 2022, lorsque la Cour fédérale irakienne a invalidé la loi kurde sur le pétrole et le gaz, exigeant que les exportations soient placées sous le contrôle du gouvernement central. Barzani avait alors dénoncé une « décision politique » visant à affaiblir l’autonomie kurde. Malgré ces revers, il a maintenu son parti au premier plan de la scène politique grâce à des alliances stratégiques, notamment avec le leader chiite Moqtada al-Sadr.

Le parcours de Barzani reflète la trajectoire mouvementée du Kurdistan irakien. Né en 1946, fils du légendaire Mulla Mustafa Barzani, il a grandi au sein d’une famille marquée par la lutte et l’exil. De la guérilla contre Saddam Hussein aux négociations avec les puissances régionales, son histoire personnelle se confond avec celle du peuple kurde. Même après l’échec du référendum de 2017 et la perte de Kirkouk, Barzani a conservé son aura, affirmant : « Je suis un Peshmerga et je continuerai à servir mon peuple. »

Alors que les Kurdes espèrent peser dans la future coalition gouvernementale, le scrutin du 11 novembre pourrait déterminer l’équilibre fragile entre autonomie régionale et unité nationale. Pour Barzani, cette élection est l’occasion de rappeler que, malgré les revers politiques, il reste l’un des derniers grands architectes du rêve kurde d’autodétermination.

Que retenir rapidement ?

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