Volodymyr Zelenskiy affirme être prêt à organiser des élections en Ukraine, une exigence désormais portée à la fois par Moscou et par Washington. Mais le président ukrainien pose une condition essentielle : que les États-Unis et les alliés européens garantissent la sécurité du scrutin. Il a évoqué un délai possible de deux à trois mois, tout en soulignant les nombreux obstacles à surmonter.
Depuis l’invasion à grande échelle par la Russie en février 2022, l’Ukraine vit sous le régime de la loi martiale, qui interdit légalement toute élection. Le dernier scrutin national remonte à 2019. Pour Moscou, le mandat de Zelenskiy ayant pris fin en mai 2024, il ne serait plus légitime pour signer un accord de paix — une position reprise récemment par Donald Trump, qui a critiqué l’absence d’élections dans une interview publiée mardi.
Les conditions sécuritaires rendent néanmoins presque impossible l’organisation d’un vote. Les combats s’étendent sur plus de 1 200 kilomètres de front, dans l’est, le sud et le nord du pays. Les villes ukrainiennes, y compris loin des zones d’affrontement, sont régulièrement frappées par des salves de drones et de missiles russes. Les infrastructures énergétiques sont ciblées, entraînant des coupures d’électricité imprévisibles qui compliqueraient toute logistique électorale.
Selon Anton Hrushetskyi, directeur exécutif de l’Institut international de sociologie de Kyiv, la majorité de la population s’oppose à l’idée d’organiser des élections en temps de guerre, un sentiment confirmé par de récents sondages. Pour l’analyste politique Volodymyr Fesenko, un cessez-le-feu aérien serait au minimum nécessaire avant d’envisager sérieusement la tenue d’un scrutin.
Alors que les pressions internationales s’intensifient, le débat sur l’organisation d’élections dans un pays bombardé quotidiennement pose une question centrale : comment concilier exigences démocratiques et impératifs de sécurité dans un contexte de guerre totale ?