La Guinée annonce des élections pour décembre 2025 après des années d'incertitude politique
La Guinée annonce des élections pour décembre 2025 après des années d'incertitude politique

ABIDJAN — Le Premier ministre guinéen, Bah Oury, a annoncé lundi que les élections présidentielles et législatives se tiendront en décembre 2025, marquant ainsi un jalon important dans la transition politique d’un pays dirigé par une junte militaire depuis près de quatre ans. Cette déclaration intervient dans le cadre de l’Africa CEO Forum à Abidjan, en Côte d’Ivoire, alors que le gouvernement cherche à rassurer les investisseurs internationaux, notamment ceux impliqués dans le gigantesque projet minier de Simandou.

La Guinée est gouvernée depuis le coup d’État de septembre 2021 par le colonel Mamady Doumbouya, qui avait promis un retour à l’ordre constitutionnel dans un délai de deux ans. Toutefois, aucune élection n’a été organisée à ce jour, et la date butoir initialement fixée au 31 décembre 2024 n’avait pas été tenue. La nouvelle annonce repousse donc d’une année supplémentaire cette échéance, mais introduit cette fois un calendrier plus précis.

Selon Bah Oury, un référendum constitutionnel aura lieu le 21 septembre 2025. Ce scrutin, présenté comme un préalable essentiel au retour à la démocratie, ouvrirait la voie à l’organisation des élections générales en décembre. Cette feuille de route suscite néanmoins des interrogations, notamment en raison des restrictions imposées aux partis politiques traditionnels, dont certains sont suspendus ou placés sous surveillance.

Le Premier ministre a également souligné que le premier train du projet de minerai de fer de Simandou — considéré comme stratégique pour l’économie guinéenne — devrait circuler avant les élections. Cette promesse vise à démontrer que la junte n’a pas seulement pour objectif de pérenniser son pouvoir, mais aussi de livrer des résultats économiques tangibles.

En juillet 2024, la junte avait dévoilé un projet de nouvelle constitution, qui, selon plusieurs observateurs, pourrait ouvrir la voie à une candidature de Mamady Doumbouya à la présidentielle, une perspective qui divise profondément la classe politique et la société civile.

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