Le Premier ministre François Bayrou a annoncé ce dimanche qu’il présenterait une réforme instaurant une dose de proportionnelle aux élections législatives d’ici la fin de l’année ou au tout début de 2026. Lors du Grand Jury RTL–Le Figaro–Public Sénat, il a affirmé qu’« une majorité existe » à l’Assemblée nationale pour voter en ce sens, tout en reconnaissant des divergences au sein de la majorité présidentielle.
Le texte sera présenté après le projet de loi de finances, un exercice budgétaire que Bayrou a qualifié de « prioritaire ». Il s’est dit confiant dans sa « capacité pédagogique » pour convaincre les réticents, y compris au sein de sa propre majorité, où les avis divergent fortement sur ce changement de mode de scrutin.
Si le Premier ministre évoque une « majorité large », près de 250 parlementaires ont pourtant déjà exprimé leur opposition à la réforme, y compris chez les macronistes. Le parti Renaissance a d’ailleurs lancé une consultation interne sur le sujet pendant l’été. À droite, Les Républicains et le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau s’y opposent fermement.
Bayrou déplore les effets du scrutin majoritaire, qu’il accuse de favoriser l’affrontement au détriment du consensus. Pour lui, la proportionnelle permettrait de bâtir une culture politique fondée sur la coopération et le pluralisme.