Le chef du coup d’État guinéen, Mamadi Doumbouya, est largement considéré comme le grand favori de l’élection présidentielle prévue dimanche, un scrutin qui devrait consacrer son maintien au pouvoir plus de quatre ans après sa prise de contrôle du pays par la force, selon des observateurs et responsables régionaux.
Arrivé au pouvoir en septembre 2021 après avoir renversé le président Alpha Condé, Doumbouya a déposé sa candidature auprès de la Cour suprême à Conakry, un geste présenté par ses partisans comme l’aboutissement du processus de transition. L’élection est toutefois critiquée par une partie de l’opposition et de la société civile, qui dénoncent un scrutin verrouillé en faveur du pouvoir en place.
Le contexte politique reste marqué par une forte concentration du pouvoir autour de la junte et par des restrictions persistantes à l’activité politique. Plusieurs figures de l’opposition ont été écartées du processus électoral, alimentant les accusations de manque de pluralisme et de compétition réelle.
Sur le plan économique, le lancement du gigantesque projet minier de Simandou, l’un des plus grands gisements de minerai de fer au monde, est présenté par les autorités comme une avancée majeure. Le pouvoir met en avant ce projet comme un symbole de stabilité retrouvée et de perspectives de croissance pour un pays riche en ressources mais longtemps fragilisé par l’instabilité politique.
Malgré le coup d’État, la Guinée a vu ses relations avec ses partenaires régionaux évoluer. Le bloc ouest-africain CEDEAO a progressivement réchauffé ses relations avec Conakry, privilégiant le dialogue et l’accompagnement de la transition plutôt que des sanctions durables.
Les autorités guinéennes assurent que l’élection marquera un retour à l’ordre constitutionnel. Les critiques estiment au contraire qu’elle vise surtout à légitimer le maintien au pouvoir de Doumbouya sous couvert d’un processus électoral contrôlé.
À l’approche du vote, peu doutent de l’issue du scrutin. L’enjeu principal réside désormais dans la réaction de la population et de la communauté internationale face à une élection qui pourrait entériner la transformation d’un pouvoir issu d’un coup d’État en présidence élue, sans véritable alternance politique.