Le Premier ministre japonais Fumio Kishida a admis dimanche que le résultat des élections à la Chambre haute du Parlement était « dur » pour sa coalition au pouvoir, alors que les premiers sondages de sortie des urnes indiquent qu’elle pourrait perdre le contrôle de la chambre. Ce revers électoral pourrait bouleverser la stabilité politique du pays et affecter les négociations commerciales sensibles avec les États-Unis.
Selon les estimations, la coalition formée par le Parti libéral-démocrate (PLD) de Kishida et son partenaire Komeito serait sur le point de perdre sa majorité à la Chambre haute, affaiblie par l’usure du pouvoir, une inflation persistante et un mécontentement croissant face aux réformes fiscales impopulaires. Les partis d’opposition, notamment le Parti constitutionnel démocrate et le Parti de l’innovation, ont axé leur campagne sur des baisses d’impôts, une relance budgétaire et un rejet des politiques pro-entreprises du gouvernement.
Cette défaite intervient à un moment particulièrement délicat pour Tokyo, alors que le Japon se prépare à une échéance décisive le 1er août concernant des droits de douane américains. Washington menace en effet de réimposer des tarifs sur certains produits japonais, à moins d’un accord commercial révisé. Une perte de majorité pourrait compliquer la position de négociation de Kishida face à l’administration Trump.
Parallèlement, les marchés financiers réagissent avec prudence. Les investisseurs s’inquiètent du creusement de la dette publique japonaise et de la viabilité budgétaire à moyen terme, surtout si un nouveau gouvernement se montre plus dépensier et moins favorable à la rigueur fiscale.
Autre signal préoccupant : le parti d’extrême droite populiste et anti-immigration, Nippontai, enregistre une progression notable. Ce parti, qui prône une ligne dure sur la sécurité et la limitation de l’immigration, pourrait peser sur le prochain équilibre parlementaire et durcir le débat public sur l’avenir du Japon.
Fumio Kishida, qui avait jusqu’ici survécu à plusieurs secousses politiques, pourrait faire face à une pression accrue au sein même de son parti. Certains analystes estiment qu’un remaniement ministériel ou une démission ne sont pas à exclure si la déroute se confirme dans les résultats définitifs.