Crise chez les conservateurs sud-coréens : changement de candidat en pleine campagne présidentielle
Crise chez les conservateurs sud-coréens : changement de candidat en pleine campagne présidentielle

À moins d’un mois de l’élection présidentielle anticipée en Corée du Sud, le principal parti conservateur du pays, le Parti du pouvoir populaire, a pris la décision choc de remplacer son candidat, Kim Moon-soo, rouvrant le processus de nomination pour tenter de redresser une campagne en difficulté. Cette volte-face intervient alors que l’ancien Premier ministre Han Duck-soo entre officiellement en lice.

Kim, ancien gouverneur et figure de la droite, avait été désigné il y a tout juste une semaine lors d’un congrès du parti. Mais face à la dynamique défavorable dans les sondages et aux divisions internes, la direction du parti a choisi d’écarter ce choix. Une décision qu’il qualifie de « coup d’État politique ». Lors d’une conférence de presse, Kim a dénoncé une « violation de la démocratie interne » du parti, et annoncé qu’il engagerait des poursuites judiciaires contre ce qu’il considère comme une éviction illégitime.

Un tribunal avait déjà rejeté vendredi une requête déposée par son camp pour bloquer la réouverture du processus de nomination, ouvrant la voie à un nouveau vote interne. Han Duck-soo, qui a assuré l’intérim présidentiel après la destitution de Yoon Suk Yeol en avril dernier, a officiellement rejoint le Parti du pouvoir populaire samedi et fait valoir son expérience comme argument de stabilité.

La crise au sein des conservateurs survient alors que le candidat du Parti libéral-démocrate, Lee Jae-myung, continue de creuser l’écart dans les intentions de vote. Donné à 44 % dans un duel contre Han, et à 43 % face à Kim, Lee apparaît comme le grand favori pour succéder à Yoon, évincé pour avoir proclamé une loi martiale controversée en décembre dernier.

Le Parti du pouvoir populaire espère pouvoir désigner son nouveau candidat avant la date limite fixée par la commission électorale, dimanche. Mais cette lutte fratricide pourrait bien affaiblir davantage un camp déjà malmené, reléguant les enjeux de fond de la campagne présidentielle au second plan.

Partager