Accusée d’avoir volontairement atténué les conclusions d’un rapport sur l’établissement privé Stanislas à Paris, l’Inspection générale de l’Éducation nationale (IGESR) a formellement démenti toute falsification, ce lundi 5 mai, dans une déclaration transmise à l’AFP. L’affaire, qui embarrasse l’institution, prend une tournure politique à l’approche d’auditions devant la commission d’enquête parlementaire. Le rapport, produit en 2023 à la suite d’une inspection menée dans le cadre de signalements portant sur des faits présumés d’homophobie, de racisme et de sexisme, est au centre d’une vive controverse. Selon l’IGESR, le document final remis au ministère de l’Éducation nationale « n’a fait l’objet d’aucune modification après sa validation collégiale » et reflète fidèlement les conclusions validées collectivement par les inspecteurs missionnés.
Témoignages en contradiction avec la version officielle
Ce démenti intervient alors que deux anciennes inspectrices ayant participé à l’enquête ont transmis des courriers à la commission d’enquête parlementaire, laissant entendre que le contenu du rapport ne refléterait pas fidèlement la gravité des faits constatés lors des auditions. Ces lettres évoquent un « climat homophobe et raciste » au sein de l’établissement, insuffisamment relayé dans les conclusions transmises au ministre. Une première lettre, adressée à la députée socialiste Fatiha Keloua Hachi, avait déjà suscité la réactivation du dossier. Une seconde, récemment reçue, abonde dans le même sens et relance les soupçons d’un rapport volontairement « édulcoré ». L’une des pièces jugées problématiques est le « courrier de transmission » accompagnant le rapport. Rédigé par Caroline Pascal, alors cheffe de l’IGESR, ce document est suspecté d’avoir minimisé certains constats. Aujourd’hui n°2 du ministère, Caroline Pascal avait justifié devant la commission d’enquête, en mars, que ce courrier ne faisait que « synthétiser les conclusions » et n’avait « aucune valeur juridique ».
Plainte pour faux et enquête en cours
Parallèlement, une ancienne élève du lycée Stanislas, qui avait contesté son exclusion en 2022 pour des motifs qu’elle jugeait discriminatoires, a porté plainte pour faux. Elle vise explicitement la possible falsification ou altération du rapport d’inspection. Le 21 mai prochain, les inspecteurs ayant mené l’enquête sur place seront entendus par la commission d’enquête parlementaire sur les violences en milieu scolaire. L’enjeu est désormais d’éclaircir les conditions dans lesquelles les conclusions ont été rédigées, et si des pressions ont été exercées au sein de l’institution pour en atténuer la portée.