Dix ans après le lancement de la stratégie nationale EDUCFI, le gouvernement français et la Banque de France ont dévoilé un nouveau plan d’action destiné à renforcer les connaissances économiques et budgétaires des citoyens. Réunis à Paris autour de Roland Lescure, d’Édouard Geffray et du gouverneur de la Banque de France François Villeroy de Galhau, les acteurs du dispositif ont annoncé une généralisation du « Passeport EDUCFI » à tous les élèves de quatrième dès la rentrée 2026. L’objectif affiché est clair : permettre aux jeunes Français d’acquérir plus tôt les bases essentielles pour gérer un budget, comprendre les mécanismes financiers et éviter les pièges liés aux arnaques ou au surendettement.
Cette stratégie nationale, lancée en 2016 sous l’impulsion de l’OCDE et pilotée par la Banque de France, revendique déjà des résultats importants. Selon les chiffres présentés lors du comité stratégique, près de 1,8 million de jeunes ont été sensibilisés à l’éducation financière en dix ans. Une enquête OCDE réalisée en janvier 2026 montre également une progression du niveau de culture financière des Français, avec une note moyenne de 12,82 sur 20, contre 12,45 deux ans plus tôt. Les autorités estiment néanmoins que de fortes inégalités persistent, notamment chez les publics les plus fragiles et chez les jeunes fortement exposés aux contenus financiers diffusés sur les réseaux sociaux.
Une généralisation du Passeport EDUCFI dans les collèges
Le Passeport EDUCFI deviendra désormais un passage obligatoire pour tous les élèves de quatrième dans les collèges publics et privés sous contrat. Ce dispositif pédagogique repose sur des séquences de formation consacrées au fonctionnement d’un compte bancaire, aux moyens de paiement, à l’épargne, au crédit, aux assurances et à la prévention des arnaques financières. À l’issue du parcours, les élèves doivent répondre à un quiz validant leurs connaissances avant de recevoir une attestation officielle.
Déjà expérimenté dans plusieurs académies et dans les lycées professionnels, le programme doit également être renforcé dans la voie professionnelle puis étendu aux lycées généraux et technologiques à partir de 2027. Les ressources pédagogiques fournies aux enseignants ont été modernisées ces derniers mois avec des diaporamas interactifs, des vidéos intégrées et des exercices adaptés aux différents niveaux scolaires. Selon l’Éducation nationale, cette montée en puissance répond à une évolution des comportements des adolescents, de plus en plus confrontés très tôt aux achats en ligne, aux cryptomonnaies, aux influenceurs financiers ou encore aux escroqueries numériques.
L’État veut lutter contre les arnaques et la désinformation financière
Le nouveau plan d’action prévoit également un renforcement massif de la visibilité du label EDUCFI, présenté comme un repère de fiabilité dans un univers numérique saturé d’informations parfois trompeuses. Ce label pourra être attribué à des acteurs publics ou privés proposant des contenus pédagogiques gratuits, neutres et validés par les autorités. Le gouvernement entend ainsi lutter contre la prolifération de faux conseils financiers circulant sur TikTok, YouTube ou Instagram, où les jeunes sont particulièrement exposés aux promesses d’enrichissement rapide.
Les autorités françaises veulent aussi mieux accompagner les citoyens lors des grandes étapes de la vie : premier emploi, retraite, création d’entreprise ou investissement. Le plan 2026-2027 prévoit notamment des contenus spécifiques consacrés à l’épargne, à l’assurance et aux cyber-risques. Une attention particulière sera portée aux femmes, encore sous-représentées parmi les investisseurs particuliers selon l’Autorité des marchés financiers. Lors de la présentation du plan, plusieurs responsables ont également alerté sur l’explosion des fraudes financières en ligne, alors qu’un Français sur six déclare avoir déjà été victime d’une arnaque financière.
François Villeroy de Galhau nommé ambassadeur de l’éducation financière
Au-delà du cadre scolaire, Paris ambitionne désormais de prendre la tête des initiatives européennes dans ce domaine. Le gouvernement a ainsi confirmé le lancement du projet « EDUCFI+ », une intelligence artificielle spécialisée dans l’éducation financière. Ce futur outil, développé à l’échelle européenne, devra fournir des conseils personnalisés et certifiés aux particuliers comme aux entrepreneurs. Une étude préparatoire doit être rendue publique dans l’année afin de définir les contours exacts de cette plateforme numérique.
Dans le même temps, François Villeroy de Galhau a été nommé premier ambassadeur français de l’éducation financière auprès des jeunes publics. Cette fonction, créée dans le cadre des initiatives européennes, doit permettre d’accroître la visibilité des campagnes de sensibilisation menées en France. Pour les autorités, l’enjeu dépasse désormais la simple gestion d’un budget personnel : il s’agit aussi de former des citoyens capables de comprendre les grands mécanismes économiques dans un monde marqué par l’inflation, les crises financières et la multiplication des outils numériques.
Communauté
Commentaires
Les commentaires sont ouverts, mais protégés contre le spam. Les premiers messages et les commentaires contenant des liens passent par une validation manuelle.
Soyez le premier à commenter cet article.