Chaque année, des milliers de jeunes quittent l’école sans diplôme. Au-delà des drames individuels, ce décrochage a un coût massif pour la société. Selon une étude publiée ce lundi 19 mai par le Boston Consulting Group et la fondation Apprentis d’Auteuil, chaque élève décrocheur représenterait un surcoût de 340 000 euros sur l’ensemble de sa vie active.
Une perte fiscale colossale, des coûts sociaux durables
L’étude s’appuie sur une définition stricte : est considéré comme décrocheur tout individu dont le niveau d’études ne dépasse pas le brevet des collèges. En 2024, 7,6 % des 18-24 ans étaient dans ce cas, soit environ 75 000 jeunes par an. Ce manque de qualification a des conséquences directes : des revenus moindres, un taux de chômage doublé, un recours accru aux aides sociales. Résultat : 259 000 euros de manque à gagner pour la collectivité en impôts et cotisations, 49 000 euros en coûts liés à la justice, 48 000 euros d’aides sociales supplémentaires, 29 000 euros dus au chômage, et 11 000 euros de dépenses de santé majorées. Soit un total de 396 000 euros, duquel est retranché le coût moyen des études des diplômés (56 000 euros), pour aboutir à ce chiffre-clé de 340 000 euros.
Une crise évitable… mais sous surveillance
L’inflation explique en partie l’augmentation de ce coût par rapport à l’estimation de 2012 (230 000 euros). Mais la part liée à l’aggravation des inégalités est tout aussi préoccupante. Selon le Boston Consulting Group, la précarisation des emplois peu qualifiés, accélérée par les progrès technologiques et l’intelligence artificielle, risque d’aggraver encore le phénomène. Pourtant, le tableau n’est pas entièrement sombre. Le taux de décrochage en France est passé de 11 % en 2006 à 7,6 % en 2023, mieux que la moyenne européenne. La fondation Apprentis d’Auteuil y voit la preuve que des actions ciblées fonctionnent. Encore faut-il les généraliser. Car comme le rappelle l’étude, prévenir le décrochage scolaire, c’est aussi investir dans l’équilibre économique et social du pays.