À partir du 1er septembre, près de 700 000 foyers verront le calcul de leur aide à la garde d’enfant évoluer. Le gouvernement met en œuvre une réforme du complément de libre choix de mode de garde, une prestation versée aux familles qui emploient une assistante maternelle ou une nounou à domicile. Objectif affiché : simplifier le système et mieux adapter l’aide aux besoins réels, tout en réduisant les écarts de reste à charge entre les différents modes d’accueil. Jusqu’ici, l’aide était déterminée selon trois tranches de revenus, sans lien direct avec le volume horaire de garde. Un système jugé opaque et créateur d’effets de seuils. Désormais, le calcul s’inspirera du modèle des crèches : les ressources du foyer et le nombre d’heures de garde payées seront pris en compte. Le ministère des solidarités affirme que cette nouvelle formule bénéficiera surtout aux familles modestes et à celles ayant besoin d’une prise en charge importante, souvent pénalisées par un coût élevé lorsqu’elles n’accèdent pas à une place en crèche.
Un soutien renforcé pour les parents seuls
Autre changement notable : la durée d’attribution de cette aide sera doublée pour les familles monoparentales. Alors que les autres foyers continueront d’y avoir droit jusqu’aux 6 ans de l’enfant, les parents isolés pourront la percevoir jusqu’aux 12 ans. Cette extension, saluée par le Haut conseil de la famille, de l’enfance et de l’âge (HCFEA), vise à mieux accompagner les foyers les plus fragiles, souvent confrontés à un manque de solutions de garde abordables. Le gouvernement répond ainsi à une préoccupation récurrente : l’exclusion des familles ayant un emploi à temps plein ou aux revenus modestes, pour qui le recours à une assistante maternelle était devenu inaccessible. La réforme entend corriger cette injustice en harmonisant les charges financières supportées selon le mode d’accueil choisi. Certaines voix, toutefois, regrettent la suppression de certains « bonus », comme la majoration de 30 % dont bénéficiaient les parents isolés ou en situation de handicap. Des associations comme Mam’en solo, représentant les mères ayant eu recours à une PMA, ont fait entendre leur déception. Dernière nouveauté prévue : à compter du 1er décembre, en cas de garde alternée, les parents séparés pourront partager le bénéfice de cette aide. Le coût total de la réforme est estimé à 600 millions d’euros par an. Un investissement que le gouvernement défend comme un levier pour concilier vie familiale et emploi, tout en corrigeant certaines inégalités structurelles.