Ce 8 septembre, la Journée internationale de l’alphabétisation remet en lumière une réalité brutale : un enfant sur cinq dans le monde ne va pas à l’école. Selon l’Unicef, plus de 270 millions de mineurs sont déjà privés d’enseignement. Et si rien n’est fait, six millions de nouveaux enfants pourraient être déscolarisés d’ici 2026. Au total, plus de 760 millions de personnes, adultes compris, ne savent ni lire ni écrire, un chiffre qui illustre l’ampleur d’une crise désormais qualifiée d’humanitaire.
Des conséquences dramatiques, surtout pour les filles
L’éducation reste le meilleur rempart contre l’exploitation et la précarité. Pourtant, des millions de mineurs en sont exclus, du fait des guerres, des déplacements forcés ou des catastrophes climatiques. La directrice de World Vision France, Camille Romain des Boscs, rappelle qu’une fille privée d’école a davantage de risques d’être mariée très jeune ou victime d’abus. L’impact se transmet même à la génération suivante : un enfant né d’une mère sachant lire a 50 % de chances supplémentaires de survivre après l’âge de 5 ans. Au-delà des chiffres, c’est une fracture sociale et sanitaire qui se creuse. Les enfants déscolarisés se retrouvent souvent contraints au travail ou plongés dans des environnements violents. L’analphabétisme devient alors non seulement un frein au développement individuel mais aussi un cercle vicieux de pauvreté et d’exclusion.
Des initiatives malgré le manque criant de moyens
Face à ce constat, des solutions émergent, parfois dans les contextes les plus hostiles. En Ukraine, des écoles souterraines ont vu le jour: des bunkers équipés et connectés à internet permettent aux enfants de poursuivre leurs cours malgré la guerre. Au Soudan, en Syrie ou au Liban, des structures temporaires assurent un minimum d’enseignement, souvent avec des moyens dérisoires. Mais l’Unesco estime qu’il manque encore 69 millions d’enseignants pour garantir une éducation universelle d’ici 2030. L’alphabétisation, loin d’être une bataille perdue, reste une urgence absolue. Chaque enfant privé d’école aujourd’hui est un adulte vulnérable demain. Et chaque pas vers l’éducation universelle est aussi un pas vers plus de stabilité, de santé et d’égalité dans le monde.