OCDE L'économie d'Israël reste fragile
OCDE L'économie d'Israël reste fragile

Dans un contexte difficile et rempli de défis, un nouveau rapport publié mercredi par l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) et relayé par le Jerusalem Post indique que l’activité économique en Israël demeure faible, malgré une reprise partielle après la guerre en cours contre la bande de Gaza.

Investissements en baisse et pénurie de main-d’œuvre

Le rapport souligne que cette fragilité persiste depuis 2024, avec des investissements restant à des niveaux bas, en recul de 15 % par rapport à la période précédant le début du conflit.

Cette diminution s’explique principalement par une pénurie de main-d’œuvre, notamment dans le secteur de la construction, en raison de la suspension des permis de travail pour les Palestiniens, ainsi que par la baisse des exportations.

L’OCDE prévoit une reprise de l’économie israélienne au cours des deux prochaines années, sous réserve d’un apaisement des tensions géopolitiques. Elle souligne également la nécessité pour Tel-Aviv de mettre en place un ensemble de réformes structurelles afin de renforcer les finances publiques et d’assurer une croissance durable à long terme.

En 2024, l’économie israélienne, affectée par la guerre à Gaza et les tensions au Liban, n’a enregistré qu’une croissance de 0,9 %.

Fragilité des marchés et aggravation du déficit

Le rapport met en garde contre une détérioration supplémentaire des finances publiques en raison des conflits sur plusieurs fronts, qui affectent directement l’activité économique.

Il souligne également que la prime de risque sur les obligations souveraines israéliennes a augmenté de 50 points de base par rapport à son niveau avant le 7 octobre 2023.

De plus, la situation budgétaire d’Israël est passée d’un excédent à un déficit important, reflétant les pressions croissantes sur l’économie du pays.

Des réformes nécessaires pour soutenir la croissance

Le rapport insiste sur la nécessité de mettre en place des réformes structurelles dans les secteurs de l’éducation et du marché du travail pour stimuler la croissance et améliorer l’emploi, en particulier chez les jeunes des communautés arabe et juive ultra-orthodoxe (haredim).

Selon l’OCDE, ces jeunes reçoivent une éducation insuffisante ou de faible qualité dans les matières fondamentales, ce qui réduit leurs perspectives d’emploi et affecte négativement leur productivité et leurs revenus.

Par ailleurs, l’organisation propose l’adoption de mesures fiscales ayant un impact moindre sur la croissance, comme :

  • Une taxation sur les boissons sucrées et les plastiques à usage unique
  • L’élimination de certaines exonérations de TVA
  • Une augmentation des taxes sur le carbone

Prévisions de croissance et d’inflation

L’OCDE prévoit que :

  • L’économie israélienne croîtra de 3,4 % en 2025 et de 5,5 % en 2026, des projections inférieures aux 4 % estimés par la Banque d’Israël pour cette année.
  • L’inflation atteindra 3,7 % en 2025, dépassant l’objectif fixé entre 1 % et 3 %, avant de retomber à 2,9 % en 2026.

Dans un contexte de tensions régionales et de défis économiques, l’avenir de l’économie israélienne dépendra largement de sa capacité à stabiliser la situation géopolitique et à mettre en œuvre des réformes économiques durables.

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