Droits de douanes américains : la France prête à céder si ses fleurons sont épargnés
Droits de douanes américains : la France prête à céder si ses fleurons sont épargnés

Pas question de tout accepter, mais pas non plus de tout bloquer. Alors que Washington menace d’appliquer une vague de droits de douane à compter du 1er août, la France se dit prête à lâcher du lest, à une condition : que ses secteurs d’exportation jugés stratégiques soient exclus du dispositif. L’aéronautique, les vins et spiritueux, les cosmétiques. En clair, tout ce qui incarne encore le haut de gamme français sur les marchés mondiaux. Laurent Saint-Martin, ministre délégué au Commerce extérieur, a plaidé pour une forme de compromis mesuré, à condition que l’essentiel soit préservé. En déplacement à Buenos Aires fin juin, il a tenu à rassurer sur l’unité européenne affichée face aux Américains. Contrairement aux débuts incertains de l’année, aucune voix discordante ne serait venue fragiliser la position commune des Vingt-Sept. Un front uni que le ministre voit comme un levier d’avenir pour négocier ailleurs dans le monde.

Une Europe unie, mais à géométrie variable

Selon Saint-Martin, les discussions se poursuivent dans les toutes dernières heures, les lignes bougent encore, mais le cadre général semble posé : une légère hausse des droits de douane serait acceptable, si elle s’accompagne de garanties fortes pour les exportateurs européens. Le ministre reconnaît néanmoins que les négociations restent ardues, d’autant que chaque État membre défend ses intérêts propres. À Bruxelles, la Commission pilote seule les échanges avec Washington, au nom de l’ensemble des pays de l’UE. L’objectif affiché reste le même : limiter les impacts de la décision américaine, tout en sauvegardant les points névralgiques des balances commerciales nationales. Pour la France, la priorité est claire. Hors de question que l’aéronautique ou les produits emblématiques du luxe et de l’agroalimentaire soient pris dans la rafale des surtaxes.

Cap sur d’autres continents

Mais au-delà des États-Unis, le ministre projette déjà l’après. L’unité européenne, si elle tient jusqu’au bout, pourrait selon lui ouvrir d’autres perspectives : accords commerciaux avec l’Inde, les pays d’Asie du Sud-Est, l’Australie. Et peut-être même avec l’Amérique du Sud, à condition de retravailler l’accord du Mercosur, actuellement gelé. La France, notamment, continue de s’opposer à sa version actuelle, jugée trop laxiste sur la protection de la filière bovine. Revenu tout juste d’un déplacement en Amérique latine, Laurent Saint-Martin assure que les gouvernements brésilien et argentin seraient disposés à renégocier un protocole additionnel. À ses yeux, la balle est désormais dans le camp de la Commission européenne. En attendant, Paris garde le cap : faire front si nécessaire, mais ne pas refuser le compromis si l’essentiel peut être sauvé.

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