Travail des enfants, déforestation, revenus insuffisants : la France reste en retard par rapport à ses voisins européens dans son approvisionnement en cacao durable, selon un rapport publié mercredi par plusieurs ONG et labels du commerce équitable. L’initiative française pour un cacao durable (IFCD), lancée en 2021 pour garantir un revenu décent aux producteurs d’ici 2030 et mettre fin aux approvisionnements issus de la déforestation d’ici 2025, est jugée inefficace. Alors qu’en Allemagne, 50 % du cacao transformé est certifié « zéro déforestation », la France plafonne à 36 %, avec une progression quasi nulle en un an. La rémunération des cacaoculteurs illustre ce retard : seuls 1,8 % des producteurs français dépassent le seuil de revenu décent, contre 12 % en Belgique et 11 % en Allemagne.
Des engagements fragiles, un État absent
Concernant la lutte contre le travail des enfants, l’IFCD indique que 32 % des ménages producteurs sont couverts par des dispositifs de prévention, là où la Belgique atteint 45 % et les Pays-Bas 54 %. Pour Blaise Desbordes, directeur général de Max Havelaar France, l’État a failli dans son rôle de pilote, laissant les acteurs privés et associatifs porter seuls la dynamique. Le ministère de la Transition écologique se défend pourtant de tout désengagement, expliquant que sa non-participation à la gouvernance actuelle de l’IFCD, devenue une association loi 1901, relève uniquement d’une contrainte juridique. Reste que la France, deuxième marché européen du chocolat, affiche un retard inquiétant alors que l’échéance de 2025 pour bannir les filières issues de la déforestation approche à grands pas.
Que retenir rapidement ?
Travail des enfants, déforestation, revenus insuffisants : la France reste en retard par rapport à ses voisins européens dans son approvisionnement en caca