L’Union européenne vient de dégainer ses premières sanctions historiques dans le cadre de son nouveau règlement sur les marchés numériques (DMA). Et ce sont deux géants américains, Apple et Meta, qui en font les frais. La Commission inflige 500 millions d’euros à la firme à la pomme pour abus liés à son App Store, et 200 millions d’euros à Meta pour usage abusif des données personnelles. Une décision qui pourrait rallumer la guerre commerciale avec Donald Trump, déjà vent debout contre les « persécutions » européennes envers les entreprises américaines.
Des sanctions symboliques, mais un message politique clair
Dans son communiqué, la commissaire à la Concurrence Teresa Ribera parle de « message fort et clair ». Apple est accusé d’empêcher les développeurs d’informer leurs clients d’options de paiement plus avantageuses en dehors de l’App Store. Meta, lui, est sanctionné pour avoir combiné sans consentement explicite les données de ses utilisateurs entre Facebook et Instagram à des fins publicitaires.
Si les amendes paraissent modestes à l’échelle des bénéfices colossaux d’Apple (93,7 milliards de dollars en 2024) et Meta (62,4 milliards), elles marquent le début d’une ère réglementaire plus stricte. Et surtout, elles arrivent à un moment de fortes tensions diplomatiques. Car Donald Trump, déjà remonté contre Bruxelles sur les droits de douane, risque de voir rouge face à ce qu’il perçoit comme un acharnement contre la « big tech » américaine.
Vers une escalade transatlantique ?
Apple, qui crie à l’acharnement, promet de faire appel. Meta, lui, dénonce un « deux poids, deux mesures » au profit des concurrents chinois et européens. La Maison Blanche, elle, suit le dossier de près. Et dans ce contexte, ces sanctions pourraient être le point de départ d’un bras de fer commercial de grande ampleur entre les États-Unis et l’Europe.
Reste que la Commission européenne assure vouloir « dialoguer » pour que les entreprises se mettent en conformité. Un délai de 60 jours est accordé, passé lequel des astreintes journalières pourraient tomber. Et ce n’est que le début : d’autres procédures sont en cours contre Apple et Google, tant à Bruxelles qu’à Washington. La guerre du numérique ne fait que commencer.