La communauté LGBTQ+ défile lors de la marche des Catrinas à Mexico pour réclamer plus de visibilité (AP)
La communauté LGBTQ+ défile lors de la marche des Catrinas à Mexico pour réclamer plus de visibilité (AP)

Vêtu d’une robe rose inspirée de l’art populaire mexicain et d’une perruque violette ornée de fleurs, l’artiste drag Ángel Arumir avance au milieu d’une marée de squelettes et de visages peints. Autour de lui, des milliers de personnes en costumes colorés participent à la parade annuelle des Catrinas, l’un des événements phares du Jour des Morts à Mexico.

Cette fête emblématique, qui s’étend du 31 octobre au 2 novembre, rend hommage aux défunts selon l’âge et les circonstances de leur mort. La Catrina, squelette élégant devenu symbole national, est ici revisitée par le collectif Exóticas, composé de près de 200 artistes, stylistes et designers LGBTQ+.

« Ce jour est notre occasion de montrer notre art et notre cœur avec dignité », confie Arumir, 42 ans, qui pratique le drag depuis près de vingt ans. Le collectif s’est imposé parmi plus de 40 groupes participant au défilé, aux côtés de collectifs autochtones, de familles de disparus et d’activistes pour la justice sociale.

Au-delà de la célébration, cette marche représente un espace rare de sécurité et de solidarité pour une communauté encore largement menacée. En 2024, plus de 80 personnes LGBTQ+ ont été assassinées au Mexique, dont 55 femmes transgenres, selon le réseau régional Sin Violencia LGTBQ+. Ces chiffres font du pays l’un des plus dangereux d’Amérique latine pour les personnes queer.

Chaque tenue portée par les membres d’Exóticas est le fruit d’un travail d’un an, entre croquis, couture et maquillage. L’un des participants, Rich González, venu de Tijuana, a conçu une robe noire décorée de croix colorées pour honorer les victimes LGBTQ+ de sa ville, marquée par la violence des cartels.

Pour les plus jeunes, comme Santiago Mercado, 18 ans, qui défile pour la première fois, cette parade est aussi un acte de fierté et de résistance culturelle. « C’est une manière de célébrer notre identité tout en continuant à lutter pour nos droits », explique-t-il.

Créée en 2014 par la maquilleuse Jessica Esquivias pour contrer l’influence d’Halloween, la marche des Catrinas est devenue en une décennie un événement majeur attirant des dizaines de milliers de personnes dans le centre de Mexico. Fidèle à son origine satirique une caricature du début du XXe siècle qui se moquait de l’élite mexicaine , la Catrina symbolise aujourd’hui la revendication d’égalité et de liberté, portée haut par Arumir et son collectif.

« Je veux qu’Exóticas soit un espace où chacun peut être soi-même, librement et en sécurité », conclut Arumir, tandis que son groupe danse au rythme de la musique latine sous les applaudissements d’une foule émerveillée.

Que retenir rapidement ?

Vêtu d’une robe rose inspirée de l’art populaire mexicain et d’une perruque violette ornée de fleurs, l’artiste drag Ángel Arumir avance au milieu d’une ma

Partager