Des ONG contestent devant les tribunaux la loi hongroise restreignant les marches des fiertés LGBTQ+
Des ONG contestent devant les tribunaux la loi hongroise restreignant les marches des fiertés LGBTQ+

BUDAPEST — Cinq organisations de défense des droits humains, dont Amnesty International et le groupe LGBTQ hongrois Hatter Társaság, ont déposé jeudi un recours en justice contre une nouvelle législation hongroise jugée liberticide à l’égard de la communauté LGBTQ+. Cette loi, adoptée en mars, permet à la police d’interdire les marches des fiertés et d’utiliser la reconnaissance faciale pour identifier les participants.

Dans un communiqué publié vendredi, les ONG dénoncent une « interdiction de facto des marches des fiertés » et affirment que la marche du 28 juin à Budapest aura lieu « quel que soit le verdict du tribunal », attendu la semaine prochaine. Les organisateurs affirment vouloir en faire « la plus grande Pride jamais organisée en Hongrie ».

Les autorités hongroises ont déjà interdit une petite marche prévue le 1er juin, invoquant la protection de l’enfance. La nouvelle législation interdit en effet tout rassemblement jugé « nuisible pour les mineurs », une formulation critiquée pour son flou et son potentiel discriminatoire.

Le Premier ministre Viktor Orbán, au pouvoir depuis 2010 et défenseur d’une politique conservatrice-nationaliste, a déclaré que les organisateurs de la Pride « ne devraient même pas se donner la peine » de la planifier cette année. En avril, son gouvernement a également modifié la Constitution pour affirmer que seuls deux sexes — masculin et féminin — sont reconnus en Hongrie.

La répression des droits LGBTQ+ a suscité une réaction internationale. Mardi, dix-sept États membres de l’Union européenne ont signé une déclaration accusant la Hongrie de violer les principes fondamentaux de l’Union.

Les ONG dénoncent un climat de plus en plus hostile : « La police n’a fourni aucun élément justifiant pourquoi ces marches pourraient porter atteinte aux droits des enfants », ont-elles indiqué. Elles espèrent qu’un jugement favorable permettra de préserver les droits de réunion et d’expression en Hongrie, alors que les tensions politiques s’intensifient à l’approche des élections de 2026.

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