Des manifestations ont éclaté vendredi dans plusieurs quartiers de Rio de Janeiro après une nouvelle opération policière sanglante dans la favela do Penha, qui a fait de nombreuses victimes présumées parmi les habitants. Les autorités ont commencé à identifier les corps retrouvés sur les lieux, tandis que des organisations de défense des droits humains dénoncent des « exécutions extrajudiciaires ».
Selon la police militaire, l’opération visait un groupe de trafiquants lourdement armés retranchés dans le complexe de favelas. Les affrontements auraient duré plusieurs heures, entraînant la mort d’au moins 18 personnes. Des témoins affirment cependant que plusieurs victimes n’étaient pas impliquées dans les combats.
Dans les rues de Penha, des habitants et des militants ont manifesté en moto et à pied, brandissant des pancartes accusant la police de « tuer au nom de la sécurité ». Les experts des Nations unies ont appelé les autorités brésiliennes à mener une enquête indépendante, rappelant que les interventions policières dans les favelas de Rio sont parmi les plus meurtrières au monde.
Malgré l’indignation internationale, un sondage local montre qu’une majorité de Brésiliens soutiennent ces opérations, les considérant comme un moyen de lutter contre la criminalité. Le gouverneur de l’État de Rio a défendu l’action des forces de l’ordre, affirmant qu’elle était « nécessaire pour rétablir la paix ».
Mais pour les familles endeuillées, cette « paix » a un prix insoutenable. « Ce n’était pas un échange de tirs, c’était un massacre », a déclaré une mère dont le fils figure parmi les morts.