Trois ans après Leïla et ses frères, Saeed Roustaee retrouve la compétition cannoise avec Woman and Child (Zan o Bacheh), attendu en salles le 25 février 2026. Le réalisateur iranien, déjà remarqué pour La Loi de Téhéran, propose cette fois un récit plus resserré autour d’une mère célibataire confrontée à la violence d’un ordre social dominé par les hommes.
Un portrait de mère face à une spirale de pertes et de pression
Le film suit Mahnaz, infirmière quadragénaire, qui élève seule son fils Aliyar et s’apprête à se marier avec Hamid. Mais l’équilibre déjà fragile du foyer se fissure lorsque l’adolescent, décrit comme brillant mais ingérable, est exclu de son établissement, puis qu’un accident vient bouleverser la famille et pousse Mahnaz à réclamer réparation. Roustaee présente son héroïne comme une femme qui « hurlait dans sa tête » et résume son projet ainsi : « Le film raconte l’histoire d’une femme qui résiste à tous les hommes qui lui font face et à une société patriarcale qui la prive de tous ses droits, y compris celui d’être mère », a-t-il expliqué en marge du festival.
Un retour sous contraintes, avec un casting familier
Woman and Child marque aussi une nouvelle étape dans le bras de fer permanent entre création et censure en Iran. Après Leïla et ses frères, Roustaee avait été condamné à six mois de prison et à cinq ans d’interdiction de tourner, tandis que son actrice principale Taraneh Alidoosti avait été emprisonnée après avoir publié une photo sans voile ; selon les informations diffusées autour du film, ces sanctions ont finalement été levées. Pour ce nouveau long métrage, le cinéaste dit avoir composé avec les règles de la République islamique – notamment l’obligation du voile à l’écran – tout en affirmant ne pas réaliser une œuvre de propagande, mais s’inscrire dans un cinéma social de résistance.
Côté interprétation, Roustaee retrouve Parinaz Izadyar, déjà présente dans son premier film Life and a Day (2016) et dans La Loi de Téhéran, ainsi que Payman Maadi, compagnon de route aperçu à Cannes en 2022. Le film se distingue par une mise en scène jugée très maîtrisée, même si certains observateurs estiment que son scénario avance de manière plus linéaire et moins mordante que ses précédents coups d’éclat.