Valérie Bonneton bascule dans le thriller féminicides “L’Affaire Laura Stern”
Valérie Bonneton bascule dans le thriller féminicides “L’Affaire Laura Stern”

Avec L’Affaire Laura Stern, Valérie Bonneton change radicalement de registre en incarnant Laura, une pharmacienne et mère de famille qui anime l’association d’aide aux victimes Femmes Debout. La mini-série (4 épisodes de 52 minutes) met en scène une spirale de violence née d’un sentiment d’impuissance face aux violences conjugales et aux failles de la réponse institutionnelle, jusqu’à poser une question dérangeante : que reste-t-il quand la protection promise n’arrive pas ?

Une héroïne ordinaire face à l’échec de la protection

Au départ, Laura n’est pas une survivante de violences : c’est justement ce point de vue, celui d’une femme “relai” qui écoute, accueille et accompagne, qui donne à la fiction sa trajectoire particulière. Le récit s’ouvre sur un choc : l’une des adhérentes de Femmes Debout est tuée sous les yeux du collectif, malgré des alertes et des mesures censées la protéger. De là, Laura vacille, puis franchit une ligne rouge en voulant empêcher qu’une autre femme ne subisse le même sort, jusqu’à se retrouver elle-même happée par un engrenage.

La série revendique une approche à la fois sociale et narrative : un thriller resserré, mais construit autour de situations de domination très concrètes (emprise, menaces malgré une mesure d’éloignement, peur quotidienne, isolement). Cette tension permanente s’appuie sur une mise en scène “au plus près” de l’intime, pensée pour rester collée aux visages et aux réactions plutôt que de commenter ou surligner. Cette intention est portée par le réalisateur Akim Isker, qui explique avoir cherché un équilibre entre récit d’alerte et suspense, sans fabriquer une provocation gratuite. L’Affaire Laura Stern sera disponible en intégralité à partir du 19 février sur france.tv, avant une diffusion télé sur France 2 à partir du 11 mars dans le cadre d’une programmation autour du 8 mars.

Une fiction qui s’ancre dans des chiffres et un débat public

Même sans reprendre un fait divers précis, la mini-série s’inscrit dans un contexte documenté : france.tv rappelle qu’en 2025, 164 féminicides ont été recensés en France, un chiffre attribué à la Miprof (Mission interministérielle pour la protection des femmes contre les violences et la lutte contre la traite des êtres humains). Cette toile de fond donne son poids au dilemme moral central : peut-on répondre à la violence par la violence, et que signifie “faire justice” quand on estime que le droit ne suffit plus ?

Côté réception, la production met aussi en avant une reconnaissance en festivals : la série a notamment été distinguée au Festival de la fiction de La Rochelle, et Valérie Bonneton a reçu un prix d’interprétation au CreaTVty 2025, selon france.tv. De quoi renforcer l’idée que L’Affaire Laura Stern ne se contente pas d’un sujet “d’actualité”, mais vise un choc de récit, avec une actrice populaire placée au cœur d’un rôle plus sombre et plus inconfortable que ses personnages habituels.

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