Alors qu’Israël tente d’effacer l’identité culturelle, intellectuelle et historique de Jérusalem afin d’en modifier les caractéristiques et l’identité arabe et islamique, la Bibliothèque du Comité royal pour les affaires de Jérusalem, située dans la capitale jordanienne, Amman, joue un rôle essentiel. Fondée il y a environ cinq décennies, elle contribue à renforcer la conscience nationale et arabe sur la question de Jérusalem.
Au fil du temps, cette bibliothèque est devenue l’une des principales sources de connaissance et de documentation dans le monde arabe sur les divers aspects historiques, politiques, sociaux et culturels liés à Jérusalem et à la cause palestinienne.
Elle constitue également une référence pour les chercheurs, les étudiants et les passionnés de l’histoire de la ville occupée, en offrant un cadre scientifique adéquat, avec des études, recherches et références académiques spécialisées sur Jérusalem. En outre, elle sert de centre de documentation soutenant les projets de recherche sur la ville sainte.
Un témoin de Jérusalem
La bibliothèque, qui dépend du Comité royal pour les affaires de Jérusalem, abrite plus de 6 000 livres, 250 documents, vidéos et photos rares sur Jérusalem et la mosquée Al-Aqsa. Ces ressources représentent aujourd’hui des témoignages vivants sur la cause palestinienne, rédigés par des auteurs du monde entier. Elle fournit également des consultations scientifiques sur l’histoire de Jérusalem et la nature du conflit avec l’occupation israélienne.
Elle conserve la mémoire de Jérusalem en mettant à disposition des sources de recherche et des études spécialisées, permettant aux chercheurs et aux passionnés d’approfondir leur compréhension des multiples dimensions du conflit. Les écrits et documents en langue arabe couvrent de manière exhaustive tous les aspects liés à la cause palestinienne, et l’histoire de Jérusalem a toujours suscité l’intérêt des chercheurs, considérant que le conflit autour de la ville est ancien et perpétuel.
Les responsables de la bibliothèque ont veillé à rassembler une vaste collection de livres, photos, vidéos et documents rares sur la cause palestinienne, servant ainsi de référence académique de premier plan. Cette initiative a permis d’enrichir les travaux de recherche et d’offrir un espace idéal pour les chercheurs, journalistes et penseurs, favorisant l’échange de connaissances sur les défis que la ville doit affronter face aux violations israéliennes continues.
Des manuscrits rares
La directrice de la bibliothèque, Labik Al-Wakili, explique que fournir aux chercheurs spécialisés dans les affaires de Jérusalem, en Jordanie comme à l’étranger, des informations documentées constitue l’un des principaux objectifs de la bibliothèque depuis sa création en 1970.
Dans un entretien avec Al Jazeera Net, elle affirme : « Nous possédons des centaines de livres spécialisés sur Jérusalem et son histoire, faisant de nous une référence incontournable. Nous conservons tous les ouvrages et documents traitant de Jérusalem dans le monde arabe. »
Elle ajoute que la bibliothèque fournit aux chercheurs les dernières évolutions sur la ville sainte : « Nous possédons des manuscrits, des cartes et des photos rares de Jérusalem et de la mosquée Al-Aqsa. Nous ne ménageons aucun effort pour partager ces ressources, tant que cela sert notre objectif principal : préserver l’histoire et l’identité arabe de la ville face aux tentatives d’effacement de l’occupation. »
La directrice mentionne également la publication récente d’une encyclopédie sur les femmes de Jérusalem, depuis l’époque de la Vierge Marie jusqu’à nos jours. L’ouvrage se divise en trois chapitres et recense les figures féminines qui ont joué un rôle notable, que ce soit en participant à des sessions de jurisprudence à Al-Aqsa, en résistant au colonialisme britannique et à l’occupation israélienne, ou en étant parmi les femmes présentes aujourd’hui pour défendre la mosquée.
De l’imprimé au numérique
De son côté, Nuzat Abu Luban, responsable de l’archivage et du catalogage des ouvrages et documents sur Jérusalem, explique que la bibliothèque a numérisé l’ensemble de ses ressources pour en faciliter l’accès aux chercheurs et assurer leur préservation.
Dans un entretien avec Al Jazeera Net, elle souligne : « Nous nous intéressons particulièrement à la rédaction d’ouvrages documentaires rares sur la Palestine et Jérusalem, ainsi qu’à la préparation de bulletins d’information quotidiens et de rapports périodiques, en plus de surveiller les positions des pays arabes, islamiques et internationaux sur la question palestinienne. »
La bibliothèque attire de nombreux chercheurs, universitaires et réalisateurs intéressés par la cause palestinienne. Ses références sont disponibles en arabe et en anglais, et certaines en français, rédigées par des auteurs du monde entier.
Préserver l’identité
Les historiens et auteurs jordaniens ont toujours accordé une attention particulière à la documentation et à l’étude de Jérusalem sous tous ses aspects, notamment historiques et politiques. Ils ont également exploré les dimensions juridiques, économiques, sociales et architecturales de la ville, afin de préserver son histoire et son identité face aux tentatives israéliennes de modifier son caractère et d’imposer une nouvelle réalité culturelle.
Le Comité royal pour les affaires de Jérusalem a été fondé en 1971 sur ordre du défunt roi Hussein bin Talal et est présidé par le prince Hassan bin Talal, avec la participation de plusieurs personnalités jordaniennes, arabes et islamiques. Il a publié divers ouvrages sur Jérusalem, notamment Jérusalem dans les résolutions de l’ONU et La tutelle hachémite sur les lieux saints islamiques et chrétiens de Jérusalem, afin de documenter les faits et sensibiliser le public aux défis auxquels la ville est confrontée.
Jérusalem est l’une des plus anciennes villes du monde et représente pour les musulmans la troisième ville sainte après La Mecque et Médine. Elle fut la première direction de prière avant que les musulmans ne se tournent vers La Mecque. La vieille ville de Jérusalem abrite plusieurs sites religieux majeurs, notamment le Mur des Lamentations, l’église du Saint-Sépulcre et la mosquée Al-Aqsa, comprenant le Dôme du Rocher et la mosquée Al-Qibli.
Une bibliothèque jordanienne préserve l’histoire de Jérusalem avec 6 000 livres