L’Opéra national de Paris s’invite à nouveau sur grand écran. En partenariat avec Pathé Live, l’institution propose la retransmission en direct d’Un bal masqué de Giuseppe Verdi, le dimanche 8 février 2026 à 14h30. Captée à l’Opéra Bastille, où la production est à l’affiche jusqu’au 26 février, cette représentation sera diffusée dans 178 salles en France, mais aussi en Belgique, au Luxembourg et en Suisse.
Une production prestigieuse portée par Anna Netrebko
Créée en 2007, la mise en scène signée Gilbert Deflo continue de séduire près de vingt ans après sa création. Transposée dans l’Amérique de l’époque de Lincoln, elle joue sur des oppositions visuelles marquées – clair et obscur, pouvoir et occultisme – et s’appuie sur les décors imposants de William Orlandi. L’ouvrage, présenté en italien avec surtitrage français, mêle intrigue politique et drame amoureux.
La distribution réunit plusieurs grandes voix internationales. Anna Netrebko incarne Amelia, quelques mois après avoir pris le rôle à Naples. Sa présence, très attendue, constitue l’un des atouts majeurs de cette reprise. Face à elle, Ludovic Tézier prête sa puissance vocale au rôle de Renato, tandis que le ténor américain Matthew Polenzani campe Riccardo avec une ligne de chant saluée pour sa fluidité et sa projection. La mezzo-soprano Elizabeth DeShong interprète Ulrica, la voyante dont la prophétie déclenche le drame, et Sara Blanch apporte sa légèreté au personnage d’Oscar.
À la tête de l’Orchestre de l’Opéra national de Paris, la cheffe Speranza Scappucci dirige cette partition créée en 1859 à Rome, immédiatement saluée pour l’intensité dramatique de sa musique. Le Chœur de l’Opéra, préparé par Alessandro Di Stefano, participe pleinement à la tension des scènes collectives, notamment lors du bal final.
Un drame entre amour et fatalité
Inspiré d’un fait historique – l’assassinat du roi Gustave III de Suède lors d’un bal masqué en 1792 –, l’opéra a dû être modifié à l’époque en raison de la censure. L’action fut déplacée à Boston et centrée sur le dilemme moral d’un gouverneur amoureux de la femme de son fidèle ami. Dans cette version, Riccardo se prépare à organiser un bal fastueux alors qu’une prédiction annonce sa mort prochaine, de la main d’un proche. Amelia, déchirée entre devoir conjugal et passion interdite, consulte elle aussi la voyante pour tenter d’éteindre un amour impossible.
Entre scènes d’introspection et tableaux spectaculaires – la cérémonie chez Ulrica ou le bal masqué final –, l’œuvre alterne légèreté apparente et gravité tragique. Cette retransmission permet ainsi d’accéder à une production d’envergure depuis les salles obscures, notamment dans de nombreux cinémas d’Île-de-France, avant une séance en différé prévue le 12 mars aux Pavillons-sous-Bois.
Produite par l’Opéra national de Paris avec le soutien de la Fondation Orange, mécène des retransmissions audiovisuelles, cette diffusion entend prolonger l’expérience lyrique au-delà des murs de Bastille et toucher un public élargi.