La Russie prépare son propre concours de chant international. Vladimir Poutine a signé, le 3 février, un décret annonçant l’organisation en 2025 d’un festival musical baptisé Intervision. Ce projet vise à offrir une alternative à l’Eurovision, dont la Russie a été exclue en 2022 après le début de son offensive contre l’Ukraine. Ce nouvel événement s’inspire d’un concours du même nom, organisé durant les années 1960 et 1970 entre les pays du bloc soviétique.
D’après le décret, Intervision—appelé Intervidenié en russe—se tiendra à Moscou et dans sa région avec l’objectif officiel de « développer la coopération culturelle et humanitaire internationale ». La gestion de l’événement a été confiée à Dmitri Tchernychenko, vice-Premier ministre russe. Pour l’instant, la date exacte n’a pas été précisée, mais selon Mikhaïl Chvydkoï, envoyé spécial pour la coopération culturelle, le concours pourrait avoir lieu en septembre 2025. Une vingtaine de pays, dont des membres des BRICS (Brésil, Inde, Chine, Afrique du Sud) et des États issus de l’ex-URSS, auraient déjà manifesté leur intérêt.
Ce n’est pas la première fois que la Russie tente de faire revivre Intervision. Après sa disparition à la fin de la Guerre froide, la télévision russe a organisé plusieurs versions à plus petite échelle. En 2014, une relance du concours avait été envisagée, sans aboutir. La Russie, qui avait participé à l’Eurovision de 1994 à 2021, y a connu un certain succès, notamment avec la victoire de Dima Bilan en 2008. Moscou avait d’ailleurs accueilli l’édition suivante en 2009.
L’hostilité de la Russie envers l’Eurovision ne date pas d’hier. Le pays a vivement critiqué certaines performances du concours, notamment la victoire de Conchita Wurst en 2014, perçue comme une provocation par les autorités russes. Avec Intervision, le Kremlin cherche à imposer sa propre vision du spectacle musical international, dans un contexte de tensions croissantes avec l’Occident.