Netflix attaque ByteDance, maison mère de TikTok, pour l’usage non autorisé de ses séries par l’IA Seedance 2.0
Netflix attaque ByteDance, maison mère de TikTok, pour l’usage non autorisé de ses séries par l’IA Seedance 2.0

L’offensive d’Hollywood contre les outils d’IA générative franchit un nouveau cap. Après la diffusion de vidéos ultra-réalistes reprenant des univers de films et de séries sans autorisation, Netflix s’attaque frontalement à Seedance 2.0, le générateur vidéo lié à ByteDance, maison mère de TikTok. La plateforme accuse l’outil de recycler des franchises majeures et exige l’arrêt de ces usages sous peine de poursuites.

Seedance 2.0, l’IA vidéo qui met les studios en alerte

Depuis plusieurs semaines, des séquences fabriquées par Seedance 2.0 circulent en ligne, jouant avec des intrigues alternatives et des relectures de sagas connues. Cette explosion de contenus a conduit la Motion Picture Association (MPA), qui représente notamment Disney, Universal, Warner, Netflix, Paramount, Sony Pictures, Amazon MGM et Prime Video, à dénoncer des violations « massives » du droit d’auteur : son président Charles H. Rivkin a averti que lancer un service sans protections solides contre la contrefaçon revenait à mépriser un cadre juridique protégeant les créateurs et des emplois. Cette mise en garde est citée dans l’article d’Albane Guichard.

Le syndicat SAG-AFTRA, qui représente acteurs et professionnels du divertissement, a également pris position contre Seedance 2.0, estimant que l’outil « bafoue la loi, l’éthique, les normes de l’industrie et les principes fondamentaux du consentement », toujours selon le même article.

La lettre de Netflix vise des contenus “trop fidèles” à ses séries

Netflix a ensuite durci le ton en envoyant une lettre de mise en demeure à ByteDance le 17 février, d’après l’article d’Albane Guichard. Dans ce courrier, la plateforme refuse de voir sa propriété intellectuelle traitée « comme des images libres de droits appartenant au domaine public », une formule reprise dans ce même papier.

Plus précisément, Netflix exige l’arrêt de la génération de contenus ressemblant à ses productions, la suppression des vidéos problématiques, une liste détaillée des infractions constatées et le retrait d’accès aux utilisateurs impliqués, selon l’article d’Albane Guichard. D’après Deadline, la lettre cite aussi des exemples visant plusieurs franchises de Netflix : des représentations non autorisées liées à Bridgerton (dont des éléments de costumes jugés narrativement identifiants), des recréations très proches de Stranger Things, des reconstitutions de décors et d’éléments emblématiques de Squid Game, ainsi que l’utilisation du style et de designs associés à KPop Demon Hunters. Toujours selon Deadline, Netflix affirme n’avoir jamais autorisé ByteDance à utiliser ses contenus à des fins de génération d’images ou de vidéos et conteste l’idée que ces usages puissent être couverts par le “fair use”.

ByteDance, de son côté, a dit reconnaître les inquiétudes et assurer qu’il « respecte les droits de propriété intellectuelle », tout en promettant de renforcer ses dispositifs de protection, selon l’article d’Albane Guichard. Reste un enjeu immédiat : la diffusion de Seedance au-delà de la Chine. D’après le même article, la version la plus récente n’est pour l’instant accessible qu’en Chine, mais ByteDance prévoirait une intégration dans CapCut, son application de montage utilisée à l’international.

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