Mort de Francis Hallé, botaniste militant des forêts primaires, à 87 ans
Mort de Francis Hallé, botaniste militant des forêts primaires, à 87 ans

Francis Hallé, chercheur français reconnu pour ses travaux sur l’architecture des arbres et ardent défenseur des forêts tropicales, est décédé le 31 décembre à 87 ans. Sa disparition a été annoncée par l’association qui porte son nom, précisant dans un communiqué qu’il s’était éteint à Montpellier, entouré de ses proches. Figure très populaire au-delà du monde scientifique, il s’était imposé comme un passeur passionné, capable d’expliquer le vivant avec pédagogie et dessins à l’appui.

Un explorateur de la canopée devenu voix majeure des forêts

Son nom reste indissociable du Radeau des cimes, ces expéditions menées de 1986 à 2012 pour étudier la biodiversité au sommet des forêts tropicales, un territoire longtemps inaccessible aux chercheurs. À force de missions en Amérique latine, en Afrique et en Asie, il avait aussi été parmi les premiers scientifiques de terrain à alerter sur le rôle crucial de ces grands massifs dans la régulation du climat et l’effondrement accéléré de la biodiversité. Dans une interview accordée à franceinfo Culture en 2022, il dénonçait la place démesurée que l’humain s’arroge dans le vivant, assurant que “nous, on ne lâchera pas”.

Au fil des années, Francis Hallé a multiplié livres et interventions pour vulgariser ses découvertes et défendre les écosystèmes menacés. France Télévisions rappelle qu’il était l’auteur d’une vingtaine d’ouvrages, dont La Vie des arbres, ainsi que d’une bande dessinée publiée en 2025, Le Génie de la forêt, conçue avec Vincent Zabus et Nicoby.

Le rêve d’une “forêt primaire” en Europe, pensée sur sept siècles

Ces dernières années, il avait concentré son énergie sur un projet aussi ambitieux que symbolique : permettre la renaissance, en Europe de l’Ouest, d’une vaste forêt laissée sans exploitation humaine, sur environ 70 000 hectares, pour une durée de plusieurs siècles. Le Monde souligne que cette “forêt primaire” serait interdite à toute activité autre que scientifique pendant au moins 700 ans, une échelle de temps choisie pour remettre l’humain à sa place face aux rythmes du vivant.

L’association Francis Hallé, fondée en 2019, entend poursuivre cette idée malgré sa disparition, rappelant dans son communiqué que le botaniste assumait de ne pas voir l’aboutissement de ce chantier, mais y voyait une démarche utile “à l’honneur de l’humanité”.

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