Six ans après Parasite, Bong Joon-ho revient avec Mickey 17, une fable dystopique à la croisée de la science-fiction, de la comédie noire et de la satire sociale. Adapté du roman Mickey7 d’Edward Ashton, le film suit Mickey Barnes (Robert Pattinson), un “consommable”, un employé sacrifiable chargé des missions les plus dangereuses sur la planète glacée Niflheim. À chaque mort, il est recréé grâce à un processus de clonage, conservant ses souvenirs intacts. Mais un dysfonctionnement va créer deux versions simultanées de Mickey, plongeant la mission dans le chaos. Avec une esthétique léchée et des questions philosophiques profondes sur l’identité, la mortalité et la servitude moderne, Bong Joon-ho signe une œuvre visuellement hypnotisante et narrativement déstabilisante.
Si le film peut désorienter par son rythme éclaté et sa complexité narrative, il bénéficie d’une distribution brillante. Robert Pattinson, dans un rôle schizophrénique, livre une performance hallucinante, accompagné de Naomi Ackie, Steven Yeun, Toni Collette et Mark Ruffalo. Mickey 17 joue sur l’absurde et le grotesque, oscillant entre thriller existentiel et vaudeville futuriste. Bong Joon-ho explore les dérives de la technologie, la perte d’humanité dans les sociétés ultra-capitalistes et la quête absurde d’un sens à l’existence. Un miroir cynique du monde moderne, où le travail et l’exploitation deviennent une boucle infinie.
Visuellement somptueux, souvent hilarant, mais aussi volontairement dérangeant, Mickey 17 ne fait pas l’unanimité mais ose bousculer les codes du blockbuster SF. À mi-chemin entre Snowpiercer et The Lobster, ce thriller métaphysique déroutant rappelle que Bong Joon-ho est l’un des rares réalisateurs capables de mêler spectacle et réflexion avec une liberté totale. Un film audacieux, qui divise mais ne laisse jamais indifférent.