Le prix Pritzker, la plus haute distinction mondiale en architecture, a été attribué le 4 mars 2025 à Liu Jiakun, un architecte chinois de 69 ans dont l’œuvre met en avant le lien entre urbanisme, culture et vie quotidienne. Né à Chengdu, Liu Jiakun a bâti sa carrière en Chine, développant une approche pragmatique et humaine de l’architecture. Son travail, salué par le jury, conjugue modernité et traditions chinoises, intégrant des matériaux locaux et des espaces pensés pour encourager la convivialité et la fluidité des interactions sociales. « L’architecture doit révéler quelque chose, abstraire, distiller et rendre visibles les qualités intrinsèques des populations locales », a-t-il déclaré dans un communiqué cité par l’organisation basée à Chicago.
Loin des grands courants stylistiques, Liu Jiakun adopte une approche axée sur les besoins concrets des habitants et sur l’optimisation des espaces en milieu urbain dense. Parmi ses réalisations marquantes, le West Village à Chengdu incarne sa vision d’une architecture multifonctionnelle. Ce vaste ensemble résidentiel en forme de U intègre un jardin paysager, un stade de football et un réseau de passerelles reliant le toit végétalisé aux rues, favorisant ainsi les déplacements à pied ou à vélo. Son travail comprend aussi des musées, des réhabilitations industrielles et même une maternité pour pandas, illustrant son attachement à la nature et à l’histoire locale.
Liu Jiakun succède au Japonais Riken Yamamoto, lauréat 2024, et rejoint les figures illustres déjà récompensées, comme Frank Gehry, Zaha Hadid ou Jean Nouvel. Son prix consacre une vision ancrée dans la réalité sociale et environnementale, où « l’architecture façonne le comportement humain et crée des atmosphères », selon ses propres mots. Une philosophie qui résonne à une époque où la discipline doit répondre aux défis croissants de l’urbanisation et du changement climatique.