Copie de Copie de Bannière de reprise des activités des salons de coiffure, format paysage, pervenche et blanc pastel
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Un album photo trouvé dans une brocante est à l’origine de ce film singulier, mi-documentaire, mi-fiction, dans lequel Zabou Breitman et Florent Vassault redonnent vie à un homme oublié. Une œuvre sensible et puissante sur le temps qui passe.

Une photo oubliée, un destin à reconstituer

C’est d’un simple cliché, chiné par hasard dans une brocante parisienne, que naît Le Garçon. Dans ce portrait d’un jeune homme au regard doux et discret, Zabou Breitman voit une énigme à résoudre. Avec le documentariste Florent Vassault, elle décide de partir sur ses traces. Tandis que lui mène l’enquête sur le terrain, elle imagine une journée dans la vie de ce personnage anonyme, incarné à l’écran par Damien Sobieraff. Le film avance ainsi sur deux jambes — la réalité et la fiction — en une construction à la fois fluide et déroutante.

Au fil des images et des témoignages, des détails infimes — un nom griffonné, un paysage familier, une façade de restaurant — permettent de remonter le fil d’une vie ordinaire mais riche. François Berléand et Isabelle Nanty prêtent leurs visages aux figures parentales dans la partie fictionnée. Ensemble, les fragments forment un puzzle délicat et profondément humain.

Une œuvre à la frontière de l’intime et de l’universel

Si Le Garçon commence comme une enquête, il glisse peu à peu vers une méditation sur la mémoire, la filiation, et la trace que chacun laisse derrière soi. La reconstitution minutieuse de cette existence oubliée résonne comme une ode aux vies invisibles. À travers le destin de cet inconnu, c’est toute une époque qui affleure : celle d’une France populaire, entre rires de vacances, papiers peints désuets et visages aimés.

La mise en scène subtile et la narration entrelacée révèlent un art du montage rare — Vassault ayant déjà signé celui de La Belle Époque. Quant à Zabou Breitman, elle poursuit ici son travail de cinéaste de l’intime, amorcé avec Se souvenir des belles choses. Avec Le Garçon, le duo livre un film profondément touchant, qui interroge autant qu’il émeut. Car derrière cet inconnu, c’est peut-être un peu de chacun de nous qui se dessine.

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