Diffusé le 18 février sur France 2 et déjà disponible sur la plateforme France Télévisions, le téléfilm La Maman du bourreau a frappé fort en s’attaquant à la pédocriminalité dans l’Église. Portée par Marie-Christine Barrault et un Laurent Stocker méconnaissable, cette fiction adaptée du roman Je suis la maman du bourreau de David Lelait-Helo (Pocket) a autant secoué par son sujet que par la froideur de son antagoniste.
Un prêtre glaçant face à une mère qui bascule
Dans le rôle du fils-prêtre accusé, Laurent Stocker installe un malaise continu : un homme sûr de lui, onctueux, qui refuse de se remettre en question et va jusqu’à humilier une victime devenue adulte. Le comédien explique aborder ce type de personnage comme un exercice de lucidité plutôt que d’adhésion, se décrivant « un peu [comme] son avocat » et assumant l’idée que « même le pire monstre a besoin d’un avocat », déclarations recueillies par 20 Minutes. Il insiste aussi sur la portée du rôle : incarner un prêtre pédocriminel, selon lui, sert à dénoncer et à rouvrir la parole sur ce qui s’est produit au sein de l’institution, toujours d’après 20 Minutes.
Le jeu se déploie en miroir avec Marie-Christine Barrault, qui campe une mère confrontée à l’impensable, contrainte d’abandonner le déni au fil des révélations. Stocker, habitué aux compositions sombres, rappelle avoir déjà incarné Hitler sur scène et un faux Xavier Dupont de Ligonnès au cinéma, tout en précisant ne pas chercher une méthode “immersive” à l’américaine, propos rapportés par 20 Minutes. Sur le tournage, l’équipe a aussi cultivé un relâchement entre les prises pour tenir face à la gravité du récit, indique le comédien dans le même entretien.
Une audience solide qui place France 2 en tête
Le sujet n’a pas freiné le public : 3,22 millions de téléspectateurs ont suivi La Maman du bourreau sur France 2, pour 18,2% de part d’audience entre 21h11 et 22h35, selon des chiffres Médiamétrie rapportés par Le Parisien. De quoi devancer la concurrence du soir, notamment les programmes liés aux Jeux de Milan-Cortina, et confirmer qu’une fiction unitaire peut encore fédérer largement quand elle associe un thème frontal et une distribution de haut niveau.
Ce succès d’antenne prolonge la dynamique d’un projet pensé comme un récit de déflagration intime : moins une intrigue “à rebondissements” qu’un cheminement, celui d’une mère qui doit regarder en face les crimes de son fils, et d’une société qui se heurte, une fois encore, à la question de la responsabilité, du silence et de la réparation.