Avec Hurry Up Tomorrow, The Weeknd referme la trilogie entamée avec After Hours et Dawn FM. Ce sixième album, annoncé comme le dernier sous ce nom de scène, adopte un ton sombre et introspectif, où l’artiste continue d’explorer ses tourments intérieurs sur fond de pop synthétique et de R&B électronique. Malgré des productions léchées et des collaborations prestigieuses avec Lana Del Rey, Travis Scott ou encore Justice, l’album peine à surprendre. Les influences de Michael Jackson ou Nina Simone sont palpables, mais leur intégration, parfois trop évidente, souligne davantage un essoufflement créatif qu’un véritable hommage.
Loin d’être un échec, Hurry Up Tomorrow souffre cependant d’une certaine répétitivité. Certains morceaux semblent recyclés d’anciens succès, et le recours constant aux vocodeurs et aux nappes électroniques finit par donner un aspect mécanique à l’ensemble. Pourtant, quelques titres parviennent à tirer leur épingle du jeu, comme The Abyss, porté par la voix envoûtante de Lana Del Rey, ou Wake Me Up, qui mêle habilement des sonorités rétro et une production moderne. Malgré ces réussites, le projet dans son ensemble peine à captiver autant que ses prédécesseurs.
L’accueil commercial reste, lui, impressionnant : dès sa sortie, l’album s’est hissé en tête des ventes en France, preuve que The Weeknd conserve une aura indiscutable. Mais alors que l’artiste évoque un retour à son nom civil, Abel Tesfaye, ce disque ressemble davantage à une transition qu’à une conclusion éclatante. Entre nostalgie et lassitude, Hurry Up Tomorrow marque la fin d’une ère, mais laisse un goût d’inachevé.