Sortie en toute discrétion le 11 avril, la série El Jardinero n’a mis que quelques jours pour s’emparer de la première place du Top 10 mondial de Netflix. En seulement six épisodes, ce thriller venu d’Espagne a détrôné Adolescence, pourtant en tête depuis près d’un mois, et a même devancé la très attendue saison 7 de Black Mirror, mise en ligne un jour plus tôt. Un succès éclair pour une série sombre et dérangeante, portée par une écriture tendue et des personnages ambigus.
Un tueur sans émotions au cœur d’une intrigue macabre
L’histoire suit Elmer, un jeune homme incapable d’éprouver la moindre émotion depuis un accident survenu dans son enfance. Pour se fondre dans la société, il apprend à imiter les réactions humaines grâce à sa mère, La China Jurado, une femme aussi protectrice que manipulatrice. Derrière son apparence inoffensive de jardinier travaillant dans la pépinière familiale, Elmer mène en réalité une double vie : il est tueur à gages, et utilise les cadavres de ses victimes comme engrais pour ses plantes.
Tout bascule lorsqu’il tombe amoureux de sa prochaine cible, une institutrice prénommée Violeta. Ce coup de foudre inattendu vient ébranler le mécanisme bien huilé mis en place par sa mère, qui gère les contrats et rêve de repartir vivre au Mexique grâce à l’argent du crime. À travers cette relation interdite, El Jardinero explore le réveil progressif d’un personnage jusque-là dénué de tout affect, dans un climat de tension constante.
Entre polar noir, drame familial et romance trouble
La série mêle plusieurs registres : thriller psychologique, polar sombre, drame familial et romance toxique. Álvaro Rico (Élite) campe avec justesse un protagoniste glaçant et mutique, dont les failles se révèlent peu à peu. À ses côtés, Cecilia Suárez incarne une mère possessive et déterminée, dans une performance aussi subtile qu’inquiétante. Catalina Sopelana complète le trio dans le rôle de Violeta, qui n’est pas non plus aussi transparente qu’elle en a l’air.
L’intrigue, bien que rythmée et prenante, n’évite pas certaines facilités scénaristiques, et son final en forme de pirouette pourra diviser. Reste une série efficace, visuellement soignée, et suffisamment originale pour séduire un large public. Si El Jardinero ne propose pas la profondeur sociale d’Adolescence ni la dimension dystopique de Black Mirror, elle s’inscrit dans la lignée des thrillers contemporains comme You ou Dexter, en y ajoutant une touche hispanique singulière.
Aucune annonce officielle n’a pour l’instant été faite concernant une éventuelle saison 2, malgré son succès fulgurant sur la plateforme.