C’était un 18 septembre - L’abolition de la peine de mort en France @flickr
C’était un 18 septembre - L’abolition de la peine de mort en France @flickr

Le 18 septembre 1981, l’Assemblée nationale adopte, par 363 voix contre 117, le projet de loi présenté par Robert Badinter, garde des Sceaux, mettant fin à la peine de mort en France. Douze jours plus tard, le Sénat approuve à son tour le texte, qui est promulgué le 9 octobre. Cette réforme, inscrite parmi les grandes promesses du président François Mitterrand, consacre l’aboutissement d’un combat de plus de deux siècles mené par des parlementaires, des juristes, des écrivains et des militants.

Un long combat d’idées et de convictions

Dès le XVIIIe siècle, des philosophes des Lumières comme Cesare Beccaria et, en France, les acteurs de la Révolution, questionnent la légitimité de l’État à ôter la vie. La Constituante débat en 1791 d’une abolition « à la paix générale », sans effet immédiat. Au XIXe siècle, Victor Hugo et Lamartine reprennent ce flambeau, mais les projets échouent. Les présidents Loubet puis Fallières usent de leur droit de grâce pour suspendre les exécutions, sans abolir la peine. Après la Seconde Guerre mondiale, Albert Camus et Arthur Koestler publient des essais retentissants contre la peine capitale, tandis que les exécutions en France – dont celles de Christian Ranucci en 1976 et de Buffet et Bontemps en 1972 – relancent le débat dans l’opinion.

Une victoire politique et symbolique

En 1981, François Mitterrand fait de l’abolition un marqueur de sa campagne présidentielle. À peine élu, il confie à Robert Badinter la mission de porter la loi. Malgré une opinion publique encore majoritairement favorable à la peine de mort, le projet est voté rapidement, au terme de débats historiques à l’Assemblée les 17 et 18 septembre. Par cette décision, la France rejoint les autres pays d’Europe occidentale déjà abolitionnistes et affirme son attachement au respect de la dignité humaine. La consécration est achevée en 2007 lorsque l’interdiction de la peine de mort est inscrite dans la Constitution, à l’article 66-1 : « Nul ne peut être condamné à la peine de mort. » Ainsi s’est refermée en France l’histoire pluriséculaire de la guillotine, devenue symbole de barbarie plus que de justice.

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