C’était un 11 février - Instauration du SMIG, premier salaire minimum en France
C’était un 11 février - Instauration du SMIG, premier salaire minimum en France

Le 11 février 1950, sous la IVᵉ République, le gouvernement de Georges Bidault instaure le SMIG (salaire minimum interprofessionnel garanti). Pour la première fois, l’État fixe un plancher légal en dessous duquel aucun salarié à temps plein ne peut être payé. Dans une France encore marquée par les pénuries de l’après-guerre et des inégalités salariales fortes, ce dispositif vise à protéger les travailleurs les plus vulnérables, notamment là où les syndicats sont faibles et où les négociations collectives ne suffisent pas à empêcher les bas salaires.

Un filet de sécurité dans l’économie de l’après-guerre

La loi de 1950 s’inscrit dans un moment de réorganisation sociale : les salaires ont longtemps été encadrés, et l’on rétablit progressivement la négociation, tout en évitant que certains secteurs ne pratiquent une rémunération “au rabais”. Indexé principalement sur les prix, le SMIG doit garantir un minimum vital face à la hausse du coût de la vie, sans pour autant, c’est la crainte du pouvoir, déclencher une spirale inflationniste généralisée.

Du SMIG au SMIC : le minimum devient un outil de croissance

À mesure que les Trente Glorieuses transforment l’économie, un problème apparaît : le SMIG progresse, mais reste distancé par les salaires moyens. Le 1er janvier 1970, il est donc remplacé par le SMIC (salaire minimum interprofessionnel de croissance), conçu pour évoluer non seulement avec l’inflation mais aussi avec la dynamique du pouvoir d’achat. Le salaire minimum ne se contente plus d’éviter l’extrême pauvreté au travail : il devient un levier de cohésion sociale et de partage des gains de croissance.

Un repère social durable, au cœur des débats

Depuis sa création, la place du salaire minimum n’a cessé de faire débat : protection indispensable pour les uns, contrainte pour l’emploi et les petites entreprises pour les autres. Mais une chose est certaine : en fixant un seuil national, l’État a introduit un repère collectif dans la relation salariale. Le 11 février 1950 marque ainsi l’entrée de la France dans une ère où “travailler” doit, au moins en principe, garantir un revenu plancher et où la question n’est plus seulement de produire, mais aussi de répartir.

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