Avec “Chief of War”, Jason Momoa raconte les origines sanglantes d’Hawaï
Avec “Chief of War”, Jason Momoa raconte les origines sanglantes d’Hawaï

Jason Momoa revient sur ses terres natales avec une série ambitieuse, Chief of War, désormais disponible sur Apple TV+. Dans ce drame historique, l’acteur américain, également à l’origine du projet, explore les conflits internes et les débuts de la colonisation qui ont marqué l’unification des îles hawaïennes à la fin du XVIIIe siècle. Une fresque brutale et mystique, conçue comme un hommage à l’histoire et à la culture de son peuple.

Une saga historique portée par une figure légendaire de l’archipel

Au cœur de Chief of War, on suit le destin de Ka’iana, chef de guerre hawaïen incarné par Momoa, qui a réellement existé. Le récit démarre alors qu’il vit reclus sur l’île de Kaua’i, loin des batailles, jusqu’à ce que son ancien souverain, Kahekili, roi de Mau’i, le rappelle au combat. La série, écrite avec Thomas Pa’a Sibbett, s’appuie sur des sources historiques, notamment les écrits du capitaine britannique John Meares relayés par la Hawaiian Historical Society, qui rapportent les voyages de Ka’iana en Chine, aux Philippines ou en Alaska. Ces séjours à l’étranger font de lui un pionnier, à la fois curieux du monde et conscient des menaces extérieures.

Cette première saison retrace les guerres intestines entre chefs locaux, tout en mettant en lumière la montée de la menace européenne. James Cook, accueilli dans un premier temps comme un dieu en 1778, trouve la mort peu après, démembré selon certaines sources locales pour que sa force mystique soit répartie. À travers les ambitions du roi Kamehameha Ier, déterminé à réunifier l’archipel, et la trahison de Ka’iana, qui finira par s’opposer à lui, la série raconte une transition brutale, jusqu’à la bataille de Nu’uanu en 1795 où Ka’iana perd la vie.

Une série identitaire aux ambitions internationales

Décrit comme un projet profondément personnel par Jason Momoa, Chief of War se distingue aussi par son audace linguistique et esthétique. Tournée en grande partie en hawaïen, la série entend redonner toute sa place à une culture souvent oubliée ou déformée. Interrogé par Kerrang!, l’acteur explique avoir voulu « rendre hommage à son peuple » en mêlant vérité historique et fiction guerrière.

À travers des décors naturels spectaculaires, des costumes inspirés des traditions locales et des scènes de bataille chorégraphiées avec soin, la série fait revivre un monde disparu, menacé par l’avidité et la colonisation. Elle s’inscrit dans une lignée de grandes fresques historiques comme Shōgun ou Vikings, tout en adoptant une perspective autochtone rare sur les débuts de l’impérialisme anglo-saxon dans le Pacifique.

Dans le contexte actuel, où de nombreuses œuvres revisitent les histoires nationales sous l’angle postcolonial, Chief of War résonne avec force. Elle illustre la complexité des luttes de pouvoir, l’impact des croyances sur les décisions politiques et les fractures ouvertes par l’arrivée des puissances étrangères. Un récit à la fois intime et épique, à découvrir sur Apple TV+.

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