Plus d’un siècle après avoir été exhumées et dispersées dans des institutions, les dépouilles de 63 membres du peuple khoïsan ont été à nouveau enterrées en Afrique du Sud. Cette cérémonie, organisée dans la province du Cap-Nord, marque une étape symbolique dans la reconnaissance d’un passé colonial longtemps ignoré.
Une restitution historique et symbolique
La réinhumation s’est déroulée à Steinkopf, en présence du président Cyril Ramaphosa et de chefs traditionnels. Selon franceinfo avec l’AFP, certains cercueils, recouverts d’habits traditionnels, ont été déposés dans des tombes alignées au sein d’un site historique, accompagnés de prières et de rituels. Pour les représentants de la communauté, ce moment dépasse le simple cadre funéraire : « Ceci n’est pas un simple enterrement. C’est la restitution d’une dignité trop longtemps refusée », a déclaré le chef traditionnel James Mapanga, cité par la même source.
Une partie des restes humains avait été conservée à l’étranger, notamment au musée Hunterian de l’université de Glasgow, qui a restitué six dépouilles ainsi que des objets associés. D’autres étaient conservés dans des institutions sud-africaines. Tous avaient été retirés de leurs sépultures entre la fin du XIXe et le début du XXe siècle à des fins d’étude scientifique.
Une reconnaissance tardive d’un passé colonial
Pour les autorités sud-africaines, cette cérémonie s’inscrit dans une démarche plus large de réparation. Toujours selon franceinfo avec l’AFP, Cyril Ramaphosa a appelé à affronter ce passé « avec honnêteté et courage » afin de permettre un véritable processus de guérison.
Les Khoïsan, premiers habitants de la région, ont été progressivement dépossédés de leurs terres dès le XVIIe siècle, puis marginalisés au fil de l’histoire. Leur combat pour la reconnaissance se poursuit encore aujourd’hui, notamment pour faire valoir leurs droits culturels et identitaires.
Cette réinhumation s’inscrit ainsi dans une dynamique de restitution et de mémoire, à l’image d’autres épisodes marquants, comme celui de Sarah Baartman, figure tragique de la période coloniale. Plus qu’un retour à la terre, cet événement incarne une tentative de réparer les blessures d’une histoire longtemps occultée.
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