D’abord, une annonce qui se veut presque « raisonnable » après deux années où l’inflation a mordu les budgets : Michel-Édouard Leclerc table sur « 1 à 1,5% » de hausse des prix en 2026 dans ses magasins, projection livrée ce 11 mars sur Franceinfo à l’issue des négociations commerciales clôturées au 1er mars. Le patron du premier distributeur français parle d’une inflation « tout compris », en y intégrant aussi les services du groupe (les voyages, les voitures… ) manière de rappeler que la bataille du pouvoir d’achat ne se joue pas qu’au rayon pâtes. Sur le papier, on est loin des envolées de 2022-2023, mais le message, lui, reste clair : le ralentissement n’efface pas l’addition.
Le ticket de caisse, otage des conflits et des matières premières
Mais voici l’avertissement, plus politique qu’il n’y paraît : la guerre au Moyen-Orient, commencée le 28 février, pourrait faire dérailler les contrats signés, « si ça dure », avec des industriels tentés de revenir à la charge pour renégocier. Et derrière ce mot, « reflamber », on entend déjà le cliquetis des chaînes logistiques : prix des containers, engrais agricoles, transport, automobile… tout ce qui finit, tôt ou tard, dans votre caddie. Leclerc détaille aussi des hausses ciblées qui piquent : le chocolat à +14%, le café à +9%, la charcuterie à +8,42%, les œufs à +8,14% ; des produits du quotidien, pas des caprices. Dans le même souffle, il appelle l’État à « mettre sous contrôle l’ensemble des opérateurs », pas seulement les distributeurs de carburant visés par des contrôles cette semaine : de quoi relancer le débat sur qui, exactement, tient la main sur la pompe… et sur l’étiquette.