Une promesse de sang-froid au milieu des bourrasques géopolitiques. Mercredi sur BFMTV, le ministre de l’Économie Roland Lescure a assuré que la France disposait de « 108 jours d’importations » de pétrole en stocks stratégiques : « On pourrait tout arrêter et on aurait 108 jours devant nous ». De quoi rappeler que l’État garde une roue de secours dans le coffre, surtout quand le Moyen-Orient se tend et que les prix commencent, eux, à grimper à la pompe. Le ministre précise la répartition : « un peu plus de 90 » jours chez un opérateur public, « 18 » jours chez des opérateurs privés mobilisables. Un niveau au-dessus du plancher des 90 jours exigé par les obligations internationales et européennes, rassurant sur le papier, même si le ticket de caisse, lui, ne lit pas les communiqués.
Le filet de sécurité… et la chasse aux « brebis galeuses »
Ensuite vient la réalité du marché, plus nerveuse, plus rapide, parfois plus opportuniste. Roland Lescure dit compter sur une gestion coordonnée des stocks à l’échelle mondiale et sur la capacité à contourner des routes contraintes (autour du détroit d’Ormuz, par exemple) par d’autres flux d’approvisionnement. Mais l’exécutif regarde aussi du côté des stations-service : le ministre a convoqué les distributeurs jeudi à 9h45 pour « corriger les anomalies » observées ici ou là, en privilégiant « une logique de collaboration » et en pointant quelques « brebis galeuses ». Message clair aux enseignes : pas question de transformer la moindre tension internationale en jackpot local. Reste une interrogation qui flotte, silencieuse mais tenace : si les réserves tiennent, combien de temps le consommateur acceptera-t-il, lui, de voir l’aiguille monter sans explication convaincante ?