Jodie Foster perd pied dans “Vie privée”, la comédie psy de Rebecca Zlotowski
Jodie Foster perd pied dans “Vie privée”, la comédie psy de Rebecca Zlotowski

L’actrice américaine tient le rôle principal du nouveau film de Rebecca Zlotowski, Vie privée, présenté comme sa première vraie incursion dans le registre de la comédie. Dans cette œuvre hybride, entre enquête psychologique, satire douce et burlesque mental, Jodie Foster incarne une psychiatre confrontée à la mort suspecte d’une patiente. Le long-métrage mêle introspection, absurdité et drame familial, dans une mise en scène inédite qui surprend autant par son ton que par le choix de casting.

Une comédie mentale entre enquête et dérive introspective

Avec Vie privée, Rebecca Zlotowski s’éloigne de ses récits habituellement plus mélancoliques pour signer une comédie singulière, où le rire côtoie les névroses. Son héroïne, psychiatre perturbée par le décès trouble d’une patiente (jouée par Virginie Efira), tente d’en élucider les causes, tout en sombrant dans ses propres zones d’ombre. Le film déploie une tonalité inattendue, marquée par des séquences hallucinées dans lesquelles la protagoniste se fantasme poursuivie par des miliciens français des années 40.

Le choix de Jodie Foster, qui interprète pour la première fois un rôle principal dans un film français, ajoute à l’étrangeté de l’ensemble. Son accent, sa diction légèrement décalée, mais aussi son étrangeté face au contexte culturel, deviennent des ressorts comiques et narratifs. La réalisatrice joue de ce décalage, en miroir avec le désarroi du personnage. Cette mise en abîme donne au film une texture particulière, où la star américaine semble chercher autant sa place dans le récit que dans la langue qu’elle parle.

Le couple Foster-Auteuil au cœur d’un portrait familial délicat

Derrière l’enquête psychologique, Vie privée explore aussi la recomposition d’une cellule familiale brisée. Jodie Foster partage l’écran avec Daniel Auteuil, qui incarne son ex-mari, partenaire involontaire dans sa quête de vérité. Leur relation, faite de silences, d’hésitations et de regards inquiets, devient l’un des piliers émotionnels du film. Le long-métrage délaisse peu à peu l’intrigue policière pour se concentrer sur ces retrouvailles sentimentales, dans la veine des comédies de remariage à l’ancienne.

Cette évolution marque aussi un renversement thématique : là où Les Enfants des autres racontait l’impossibilité de devenir mère, Vie privée dépeint une femme empêchée d’être elle-même en raison de ses responsabilités maternelles. Une nuance de ton qui s’inscrit dans la volonté de Zlotowski de faire dialoguer le réel et la fiction, le comique et le mélancolique. Si certains échanges peuvent sembler trop explicatifs, l’ensemble trouve sa force dans une mise en scène souple, et dans la complicité inattendue entre Foster et Auteuil, tous deux très justes dans leur fragilité.

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