Entre retours très attendus, nouveaux visages et surprises de taille, la 78e édition du Festival de Cannes promet une sélection aussi dense qu’éclectique, du 13 au 24 mai.
Une compétition marquée par la diversité et le renouveau
Cette année, le comité de sélection a examiné près de 3 000 films, venus de 156 pays, et n’en a retenu que 22 pour la compétition officielle. Parmi eux, des cinéastes confirmés et des figures montantes du cinéma mondial. Le ton est donné dès l’ouverture avec Partir un jour, premier long-métrage d’Amélie Bonnin, qui devient la première réalisatrice débutante à ouvrir le festival.
Côté international, The History of Sound d’Oliver Hermanus, avec Josh O’Connor et Paul Mescal, suscite une vive attente : une romance entre deux hommes durant la Première Guerre mondiale, inspirée d’une nouvelle de Ben Shattuck. Le Norvégien Joachim Trier retrouve Renate Reinsve dans Sentimental Value, un drame familial avec Elle Fanning et Stellan Skarsgård. Wes Anderson revient avec The Phoenician Scheme, où Benicio Del Toro incarne un certain Zsa-Zsa Korda dans ce qui s’annonce comme un nouveau feu d’artifice visuel.
Du côté des surprises, Scarlett Johansson passe derrière la caméra avec Eleanor the Great (Un Certain Regard), l’histoire d’une amitié improbable entre une nonagénaire et une jeune étudiante, incarnées par June Squibb et une jeune révélation. Même trajectoire pour Harris Dickinson, dont le premier film Urchin (Un Certain Regard) suit un sans-abri londonien en quête de rédemption.
Les Italiens en force, la France engagée, et l’inattendu Ari Aster
L’Italie sera largement représentée, avec Fuori de Mario Martone en compétition, centré sur l’écrivaine Goliarda Sapienza, incarnée par Valeria Golino. Dans la section Un Certain Regard, le western Testa o Croce? d’Alessio Rigo de Righi et Matteo Zoppis, avec Alessandro Borghi et Nadia Tereszkiewicz, retrace le parcours de Buffalo Bill sur les terres italiennes. Enfin, Le città di pianura de Francesco Sossai promet une échappée mélancolique sur les routes de la Vénétie.
Du côté français, Alpha de Julia Ducournau (Palme d’or 2021 pour Titane) se déroule dans un New York des années 1980 ravagé par l’épidémie de sida, vu à travers les yeux d’une enfant. Rebecca Zlotowski présentera Vie Privée hors compétition, tandis que Nouvelle Vague de Richard Linklater, un film méta sur le tournage de À bout de souffle, célèbre les racines de la modernité cinématographique.
Autre événement très commenté : Eddington, le nouveau long-métrage d’Ari Aster, avec Joaquin Phoenix en shérif étrange dans un western décalé au cœur du Nouveau-Mexique. Et dans une surprise presque clandestine, In Simple Accident du cinéaste iranien Jafar Panahi, toujours sous le coup de restrictions, sera lui aussi en compétition.
Avec cette 78e édition, le Festival de Cannes confirme sa mission de mettre en lumière la création mondiale sous toutes ses formes : expérimentale, politique, spectaculaire ou intime. La Croisette s’annonce plus cinéphile que jamais.