À Paris, la friperie « La Loge » donne une seconde vie aux costumes de cinéma
À Paris, la friperie « La Loge » donne une seconde vie aux costumes de cinéma

Dans le 9e arrondissement de la capitale, une boutique pas comme les autres transforme les vêtements issus des tournages en pièces de mode uniques. En mêlant recyclage et glamour, La Loge Store incarne un nouveau souffle pour la seconde main.

Le cinéma s’invite dans les penderies

C’est dans une rue calme, à quelques pas de Montmartre, que La Loge a vu le jour. L’idée a germé dans l’esprit de Mélody Collange, cheffe costumière bien connue des tournages de clips, séries ou contenus YouTube, et de la productrice Sarah Gélin. Toutes deux confrontées au même problème – que faire des costumes une fois le clap de fin tombé ? – elles ont décidé de collecter ces vêtements quasi neufs pour les revendre à prix doux.

Derrière une devanture rouge, l’intérieur de la boutique évoque immédiatement les coulisses d’un tournage : fauteuils de cinéma récupérés, cabines d’essayage façon loges d’artiste, et même un tapis rouge de festival. Chaque vêtement, accessoire ou paire de chaussures est accompagné d’une étiquette mentionnant le projet dans lequel il a été utilisé. On y retrouve aussi bien des tenues portées dans des publicités que des pièces issues de films comme Chien 51 ou La Femme la plus riche du monde. Des bustiers de série à paillettes côtoient des jeans basiques, des ensembles Paul & Joe ou des baskets anonymes, à partir de 6 euros.

Un projet éco-responsable enraciné dans le 7e art

La Loge ne se contente pas de proposer des vêtements originaux : elle s’inscrit dans une démarche de réemploi au cœur des enjeux écologiques de l’industrie audiovisuelle. Selon Franceinfo Culture, chaque tournage de long-métrage génère environ 15 tonnes de déchets, notamment à cause des décors et costumes. Le CNC (Centre national du cinéma et de l’image animée) estime qu’un film émettait en moyenne 750 tonnes de CO₂ il y a quelques années, un chiffre aujourd’hui réduit à 350 tonnes grâce à de nouvelles politiques, comme la « Prime RSE+ » lancée en 2025.

Dans cette même logique, La Loge a construit un modèle de collecte inédit en France : les vêtements sont directement rachetés aux productions, triés, nettoyés et mis en vente, une fois les films diffusés. D’après Mélody Collange, citée par Franceinfo Culture, certaines pièces proviennent même des doublures ou figurants, mais toutes conservent leur lien au projet d’origine. En complément, chaque semaine, une sélection issue d’un film récemment sorti est proposée en édition limitée.

Alors que le secteur du textile est l’un des plus polluants au monde, des initiatives comme La Loge, mais aussi La Ressourcerie du cinéma – spécialisée dans la récupération de décors – montrent qu’une autre voie est possible pour rendre le 7e art plus durable. Et pour les clients, c’est aussi l’opportunité de porter un bout de film… en toute conscience.

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