Une nouvelle figure fait son entrée dans l’industrie musicale… sans exister réellement. Tilly Norwood, une chanteuse et actrice entièrement générée par intelligence artificielle, vient de dévoiler son premier single accompagné d’un clip très coloré. Derrière cet avatar numérique se cache pourtant un projet bien réel imaginé par la productrice néerlandaise Eline van der Velden, qui entend tester les possibilités créatives de l’IA dans le divertissement.
Un clip spectaculaire pour une artiste… virtuelle
Dans son premier titre intitulé Take the Lead, Tilly Norwood apparaît dans un clip pop où elle chante sur un toit londonien, flotte dans les nuages sur un flamant rose gonflable ou se balance sous une boule disco. La particularité du projet : l’artiste n’existe pas. Comme le rapporte The Hollywood Reporter, cette chanteuse numérique a été conçue par la productrice Eline van der Velden et produite par le studio londonien de talents IA Xicoia, filiale de la société Particle6.
La chanson elle-même a été générée grâce à l’outil d’intelligence artificielle musicale Suno, tandis que les images ont été réalisées à partir de plusieurs technologies d’IA combinées. Le clip joue même avec la polémique autour des artistes virtuels. « Quand ils parlent de moi, ils ne voient pas l’étincelle humaine, la créativité… Derrière les lignes de code, derrière la lumière, je ne suis qu’un outil, mais j’ai la vie », chante l’avatar dans les paroles de la chanson, citées par BFM Business.
Un projet expérimental qui ne vise pas à remplacer les artistes
Si Tilly Norwood a déjà suscité des inquiétudes dans l’industrie du divertissement — certains craignant que les avatars remplacent un jour les acteurs — sa créatrice assure que ce n’est pas l’objectif. « Tilly est, et a toujours été, un outil pour tester les capacités créatives et les limites de l’IA, et non pour remplacer qui que ce soit dans son travail », explique Eline van der Velden au Hollywood Reporter.
Le projet reste d’ailleurs loin d’être entièrement automatisé. Le clip précise que sa production a mobilisé « 18 vrais humains », notamment des monteurs, costumiers ou décorateurs. Même la performance du personnage repose sur un travail humain : les mouvements de Tilly Norwood ont été réalisés grâce à un système de capture de performance interprété par Eline van der Velden elle-même.
Reste maintenant à savoir si le public sera prêt à adopter ces nouvelles vedettes numériques. Pour l’instant, la réception est mitigée. Certains critiques ironisent déjà sur les limites techniques du projet, comme la synchronisation labiale imparfaite, relève le Los Angeles Times. Mais pour Tilly Norwood, le message est clair : « Je ne suis pas une marionnette, je suis la star ».