« Romancero Queer » : Virginie Despentes explore les coulisses d’un théâtre en mutation
« Romancero Queer » : Virginie Despentes explore les coulisses d’un théâtre en mutation

Depuis le 20 mai, Romancero Queer, nouvelle création de Virginie Despentes, est à l’affiche du Théâtre national de la Colline, à Paris. Jouée dans la salle du Petit théâtre jusqu’au 29 juin, la pièce affiche complet. Elle met en scène une troupe de comédiens en pleine répétition d’une adaptation de La Maison de Bernarda Alba de Lorca, revisitée à travers un prisme queer et contemporain.

Une pièce construite autour de la troupe

L’action de Romancero Queer se déroule exclusivement dans les coulisses d’un théâtre. Le spectateur suit le quotidien d’un groupe de comédiens en préparation d’un spectacle dirigé par un metteur en scène absent, Michel, dont seule la voix se fait entendre. Les personnages échangent entre répétitions et moments de pause, abordant leurs vies personnelles, leurs tensions internes et leurs désaccords face à la vision du metteur en scène.

Au fil de la pièce, plusieurs figures se détachent : Gaby, ancienne détenue et doyenne de la troupe ; Vita, influenceuse à l’énergie communicative ; ou encore Faïrouz, comédienne renvoyée de la production, qui livre un monologue marquant. Les dialogues abordent des sujets liés aux identités de genre, à la place des artistes minorisés, ou encore aux pratiques de direction artistique dans le théâtre contemporain.

Des questions de représentation au cœur du récit

L’adaptation de l’œuvre de Lorca voulue par Michel soulève rapidement des interrogations dans la troupe. Le projet, censé être inclusif, est perçu par certains comme une tentative de récupération. Cette mise en scène en construction sert de point de départ pour interroger la manière dont le monde du spectacle s’approprie les luttes sociales et les enjeux liés à la représentation.

Dans cette pièce, Virginie Despentes rassemble une distribution composée de comédiens issus de parcours et d’identités variés. Le spectacle aborde frontalement les questions de pouvoir, de légitimité, et de positionnement artistique, tout en montrant comment un collectif peut se forger à travers les conflits et les prises de parole.

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