Ancrée dans une esthétique rétrofuturiste des années 60, cette nouvelle version du quatuor mythique mise davantage sur les liens familiaux et l’humanité que sur l’action pure. Un redémarrage séduisant, mais prudent.
Un film familial plus qu’un blockbuster spectaculaire
Avec Les Quatre Fantastiques : Premiers pas, Marvel donne le coup d’envoi de sa phase 6 en revenant aux fondamentaux. Réalisé par Matt Shakman (WandaVision), ce reboot très attendu, en salles à partir du 23 juillet, propulse les spectateurs dans un New York alternatif des années 1960, aux décors inspirés de Syd Mead, entre lignes chromées, gadgets futuristes et mobilier orange vif. C’est dans cet univers que Reed, Jane, Johnny et Ben, transformés après une exposition à des rayons cosmiques, mènent désormais une vie de superstars… jusqu’à l’arrivée d’une menace venue des confins du cosmos.
Le film choisit de ne pas s’attarder sur les origines du groupe, préférant un résumé rapide des événements passés pour mieux se concentrer sur leur quotidien. L’intrigue démarre véritablement lorsqu’apparaît Galactus, gigantesque entité destructrice de planètes, accompagné d’une Surfeuse d’argent aussi élégante que menaçante. Alors que la Terre est sur le point d’être anéantie, un dilemme se pose : Jane, enceinte, doit-elle sacrifier son enfant, porteur d’une mystérieuse énergie, pour sauver l’humanité ? Ce choix déchirant est le cœur émotionnel du film, qui privilégie l’intime au spectaculaire.
Des héros vulnérables face à une menace écrasante
Pedro Pascal, dans le rôle de Reed Richards, incarne un Mr. Fantastique plus cérébral que charismatique, épaulé par Vanessa Kirby (Jane), Joseph Quinn (Johnny) et Ebon Moss-Bachrach (Ben). Le casting, salué par le public depuis la diffusion record de la bande-annonce (200 millions de vues en 24h selon Marvel Studios), joue ici sur la complémentarité et la tendresse des relations. On assiste autant à des scènes de repas en famille qu’à des tentatives de sauver le monde. Le robot HERBIE, les chamailleries fraternelles et les disputes conjugales viennent humaniser le récit, renforçant l’idée que ce sont des gens ordinaires face à une force qui les dépasse.
Selon France Télévisions, cette approche se veut plus émotionnelle que spectaculaire, les combats étant rares et souvent résolus par la ruse plutôt que la puissance. Les Quatre Fantastiques savent qu’ils ne peuvent vaincre Galactus de front et misent donc sur leur intelligence collective. Cette posture fait d’eux des héros vulnérables, bien loin des surhommes invincibles souvent montrés dans le MCU.
L’esthétique léchée, les clins d’œil aux comics d’origine, et les nombreuses touches d’humour équilibrent un récit volontairement plus lent. Si certains critiques, comme Libération, regrettent un manque de suspense ou d’audace, le film séduit par son ton apaisé et sa volonté d’installer durablement cette nouvelle équipe dans l’univers Marvel.
Reste à savoir si cette douceur assumée saura maintenir l’intérêt du public sur la durée, alors que les quatre héros reviendront dès 2026 dans Avengers: Doomsday.