Avec un budget colossal et une star au volant, le film de Joseph Kosinski peine à décoller. Brad Pitt, Damson Idris et la Formule 1 ne suffisent pas à faire vrombir l’émotion.
Une immersion technique réussie mais un scénario en panne
Sur le papier, F1® Le film avait tout pour séduire : des circuits mythiques, Brad Pitt au sommet de son style nonchalant, la présence de Damson Idris comme jeune prodige arrogant, et surtout un réalisme rarement atteint au cinéma. Co-produit par Lewis Hamilton, le film s’est tourné sur de véritables pistes de Grand Prix – Silverstone, Monza, Suzuka ou encore Las Vegas – avec des voitures customisées et des caméras intégrées dans les cockpits. Joseph Kosinski, qui avait déjà signé Top Gun: Maverick, donne une vraie dynamique aux scènes de course, qui impressionnent par leur nervosité et leur rendu sensoriel.
Mais si la mise en scène donne le change, le moteur narratif, lui, tourne à vide. Le scénario, centré sur le retour d’un pilote légendaire (Pitt) venu encadrer une étoile montante (Idris), peine à dépasser les clichés. L’intrigue semble tout droit sortie d’un film des années 1990, multipliant les scènes testostéronées et les rivalités viriles. Les dialogues platement écrits et les personnages secondaires à peine esquissés (malgré la présence de Javier Bardem et de quelques rôles féminins sous-exploités) ne permettent jamais à l’histoire de décoller émotionnellement.
Brad Pitt sur la ligne de départ, mais pas à l’arrivée
L’acteur de 61 ans impressionne physiquement : selon le réalisateur, il aurait piloté lui-même des bolides à près de 300 km/h, et reçu deux propositions d’écuries en GT (propos rapportés par La Tribune Dimanche). Mais son jeu semble figé dans une posture de vieux cow-boy usé, séduisant mais creux. En face, Damson Idris s’en sort un peu mieux dans le rôle du jeune arrogant en quête de maturité, mais son arc narratif reste prévisible de bout en bout.
Côté technique, la musique d’Hans Zimmer tente d’insuffler du souffle au film, mais le montage lourdement didactique (avec des commentaires expliquant les stratégies de course) nuit à l’immersion. On préférerait se laisser porter par les moteurs que par ces dialogues sur les pneus durs ou tendres.
Malgré ses moyens – 300 millions de dollars selon La Tribune Dimanche – F1® Le film manque de cœur. Il s’apparente davantage à un docu-spectacle luxueux qu’à un vrai film de cinéma. Si Lewis Hamilton avait promis « une rencontre entre le cinéma et la F1 » avec un rendu réaliste, il manque au résultat l’essentiel : une histoire qui tienne la route et des personnages qui fassent vibrer autre chose que les circuits.