Felix Baumgartner, célèbre parachutiste autrichien et figure emblématique des sports extrêmes, est décédé à Porto Sant’Elpidio, une station balnéaire de la région italienne des Marches. Âgé de 56 ans, l’athlète s’est écrasé en parapente motorisé en début d’après-midi, vers 16 h. D’après les premières informations, il aurait perdu le contrôle de son engin à la suite d’un malaise alors qu’il survolait un complexe hôtelier. Son parapente aurait terminé sa trajectoire dans une piscine, blessant légèrement une femme présente sur place. Les secours, rapidement dépêchés sur les lieux, n’ont pu que constater son décès, apparemment survenu avant l’impact.
Une légende des airs
Né à Salzbourg en 1969, Baumgartner s’est fait connaître dans les années 1990 par ses exploits en base-jump, cette discipline de saut en parachute depuis des structures fixes. En 1999, il marque les esprits en sautant depuis la main de la statue du Christ Rédempteur à Rio de Janeiro, perchée à seulement 29 mètres du sol. Il enchaîne ensuite les performances, dont le franchissement de la Manche en 2003 en chute libre à l’aide d’ailes rigides en fibre de carbone. Son nom reste surtout associé à son exploit du 14 octobre 2012 : largué depuis une capsule à 39 000 mètres d’altitude, il devient le premier homme à franchir le mur du son en chute libre, atteignant une vitesse de plus de 1 340 km/h. Ce saut historique, diffusé en direct dans le monde entier, le propulse au rang de star planétaire.
Un homme à la personnalité contrastée
Surnommé « l’homme supersonique », Baumgartner ne se contentait pas des records. Licencié pilote d’hélicoptère, pratiquant l’escalade et la boxe, il affichait un style de vie en marge des normes. Il arborait notamment le tatouage « Born to fly », symbole d’une vie dédiée au dépassement de soi. Son image médiatique, construite autour de la maîtrise et du courage, n’empêchait pas des prises de position clivantes. Il s’exprimait régulièrement sur les réseaux sociaux, affichant son opposition aux politiques écologistes et à la cause LGBTQ+, tout en affichant une proximité assumée avec des figures politiques d’extrême-droite autrichienne. Des prises de position qui lui ont valu autant d’admirateurs que de critiques.
Un risque toujours assumé
Malgré les dangers inhérents à ses activités, Felix Baumgartner n’a jamais considéré son engagement comme une recherche de sensations fortes. Il revendiquait au contraire une rigueur méthodique dans la préparation de ses performances. Avant son saut de 2012, il expliquait refuser l’étiquette de casse-cou ou d’“accro à l’adrénaline”, affirmant ne s’épanouir que dans la précision et le contrôle. Cette discipline absolue, il l’avait appliquée à toutes les étapes de sa carrière, jusqu’à ce dernier vol en Italie, qui lui aura été fatal.