La championne française de biathlon Julia Simon a été condamnée vendredi 24 octobre par le tribunal correctionnel d’Albertville à trois mois de prison avec sursis et 15 000 euros d’amende. Elle se voit également frappée d’une inéligibilité de trois ans. L’athlète de 29 ans, membre de l’équipe de France depuis 2015, a reconnu l’ensemble des faits de vol et de fraude à la carte bancaire qui lui étaient reprochés.
Une affaire qui secoue le biathlon français
Les faits remontent à plusieurs mois. Julia Simon était accusée d’avoir utilisé la carte bancaire de deux personnes, dont sa coéquipière Justine Braisaz-Bouchet, pour effectuer des achats en ligne. À la barre, la multiple championne du monde a reconnu les faits, évoquant un « trou noir » et un comportement qu’elle dit encore incapable d’expliquer. « J’ai eu un mécanisme de défense, je me suis recroquevillée sur moi-même en me concentrant à 200 % sur mon sport », a-t-elle déclaré, visiblement émue. L’athlète, originaire de la Haute-Savoie, a affirmé n’avoir agi ni par besoin ni par intérêt matériel. « Je n’ai jamais manqué de rien, ce que j’ai fait est dérisoire et ridicule », a-t-elle reconnu, précisant suivre aujourd’hui un accompagnement psychologique pour « comprendre » et « évoluer ».
Des excuses, mais peu d’explications
Julia Simon a présenté ses excuses à ses deux victimes, dont Justine Braisaz-Bouchet, absente à l’audience. L’avocate de cette dernière, Me Sarah Pereira, a salué une « reconnaissance sans explication » et rappelé la difficulté pour sa cliente d’avoir été mise en cause avant d’être reconnue victime. La Fédération française de ski (FFS), qui s’était constituée partie civile, a pris acte du jugement et devrait désormais statuer sur une éventuelle sanction disciplinaire. Son président, Fabien Saguez, a indiqué vouloir tirer les leçons de cette affaire : « Nous devons mieux encadrer nos athlètes et continuer à les accompagner pour qu’ils puissent s’exprimer pleinement sur le plan sportif. » Malgré cette condamnation, Julia Simon entend poursuivre sa carrière et prépare déjà les Jeux olympiques d’hiver de Milan-Cortina, prévus en février 2026. Pour la biathlète la plus titrée de l’histoire française, cette affaire marque une chute inattendue, mais peut-être aussi, selon ses mots, « le début d’un travail sur soi nécessaire pour redevenir plus forte ».